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Augmentation des vols avec violences contre les femmes: "Maintenant, je fais très attention"

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- - PATRICK KOVARIK / AFP

Selon les chiffres de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales et de l'Insee rendus publics ce mardi, les Français ne se sentent pas plus en insécurité qu'avant. Toutefois, les vols et tentatives de vols avec violence sur les femmes ont fortement augmenté (+40,7%): 190 000 en 2013 contre 135 000 en 2012. RMC a interrogé victimes et policiers sur ce phénomène.

Les Français, selon une enquête officielle, ne se sentent pas plus en insécurité qu'avant et le nombre de cambriolages est stable, mais ils disent constater une hausse des vols de vélos, portables et sacs à main, pour certains avec violence. Ce sont les principaux enseignements de l'enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et de l'Insee rendue publique ce mardi.

Concrètement, les chiffres sont stables concernant les cambriolages : 600 000 en 2013, comme en 2012. Soit 1 600 par jour. On observe aussi une baisse significative des actes de vandalisme. La part des ménages victimes est passée de 2,8 % en 2012 à 2,5 % en 2013. Son plus bas niveau depuis 2006. De manière globale, 17% des personnes interrogées disent ressentir un "sentiment d'insécurité" chez eux en 2014, pas plus que l'année précédente. Et 21% dans leur quartier, en baisse de 1% par rapport à 2013.

"J'essaye de ne pas avoir l'air d'une victime"

En revanche, selon ce rapport, il y a une augmentation spectaculaire des vols et tentatives de vols avec violence sur les femmes (+40,7%) : 190 000 en 2013 contre 135 000 en 2012. RMC a interrogé ce mardi victimes et policiers sur ce phénomène. C'est le cas de Nagihan, 22 ans, étudiante, victime d’un vol à l’arraché de son téléphone portable à Marseille. "Je rentrais chez moi à midi. J'étais au téléphone avec une amie quand deux garçons sont venus dans ma direction. Celui de droite m'a arraché le portable et est parti tranquillement". Conséquence de ce vol à l'arraché ? La jeune femme avoue "avoir eu peur de sortir pendant quelques mois. Maintenant je fais très attention…"

La prudence est de mise aussi pour Cyrielle, 23 ans, qui fait tout pour ne pas se montrer vulnérable comme elle l'explique dans Bourdin Direct. "Quand je sors, j'essaye de ne pas avoir l'air d'une victime, de ne pas regarder par terre, de ne pas baisser la tête J'essaye de ne pas montrer que j'ai peur même si je sais que si quelqu'un vient m'agresser je ne serais pas tranquille. Mais j'essaye que cela ne se voit pas sur mon visage"… Delphine, 29 ans, elle aussi étudiante à Marseille, procède de la même façon. Elle assure faire très attention quand elle se déplace en ville.

"Je ne laisse rien apparaître de peur qu'il m'arrive quelque chose"

"Quand je me promène dans la rue, je vérifie toujours que mon sac est bien fermé. De même, j'ai tendance à ne pas trop sortir mon portable. Je fais attention. Par exemple, quand je suis à Marseille, je ne mets pas de bijoux apparents, rien. Car on peut se faire agresser pour la moindre chose donc je ne laisse rien apparaître de peur qu'il m'arrive quelque chose". A la longue, elle l'assure : "C'est devenue une culture, une façon de vivre à laquelle on s'habitue".

Sur RMC, Benoît Leconte, du syndicat Alliance police nationale, confirme que les jeunes femmes constituent une cible de choix pour des délinquants à la recherche notamment de smartphones. Mais ce qui est frappant, selon lui, "c'est que désormais, l'agresseur n'hésitera pas à porter des coups de pieds ou des coups de poings pour arriver à ses fins".

Maxime Ricard avec Lionel Dian