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Avalanche mortelle aux Deux-Alpes: "Ça aurait pu être nos enfants"

Des anonymes venus déposer des bougies au pied des pistes des Deux-Alpes, jeudi 14 janvier, où trois personnes sont mortes dans une avalanche, la veille.

Des anonymes venus déposer des bougies au pied des pistes des Deux-Alpes, jeudi 14 janvier, où trois personnes sont mortes dans une avalanche, la veille. - Philippe Desmazes - AFP

Près de 500 personnes ont rendu hommage ce jeudi aux victimes de l'avalanche qui a emporté un groupe de lycéen et leur professeur, mercredi aux Deux-Alpes. Une cérémonie où les sentiments oscillaient entre émotion et colère.

"La station des Deux-Alpes est en deuil. Nous sommes tous en deuil". Stéphane Sauvebois, le maire de Mont-de-Lans, commune dont dépend la station où sont morts deux adolescents et un adulte dans une avalanche mercredi 13 janvier, s'adresse au micro à la foule des anonymes venus se recueillir au pied des pistes. Près de 500 personnes sont venus rendre hommage aux victimes de l'avalanche qui a emporté une dizaine de lycéens et leur professeur sur une piste noire du domaine, dont l'accès était pourtant interdit et fermé en raison des risques d'avalanche.

"On est de tout cœur avec les familles"

A l'initiative de Stéphane Sauvebois, anonymes, vacanciers et moniteurs de ski se sont rassemblés pour une minute de silence. Françoise, une habitante, est venue déposer une bougie. "On est de tout cœur avec les familles qui sont endeuillées par la montagne. Notre montagne qui est si belle et qui se rappelle à nous. Il faut faire toujours attention, la montagne est toujours la plus forte". Une douleur que partage Cathy. "On est tous touchés, ça aurait pu être nos enfants. On pense fortement à ces jeunes qui ont perdu la vie alors qu'ils n'auraient jamais dû la perdre".

"Si c'est fermé, n'y allez pas !"

Les élèves et leur professeur ne pouvaient en effet pas ignorer que la piste était fermée et dangereuse, comme l'ont prouvé les premiers éléments de l'enquête. Le professeur d'EPS qui les accompagnait était semble-t-il connu pour son manque d'autorité sur les élèves. A-t-il était dépassé par les adolescents qui voulaient absolument emprunter la piste ? A-t-il lui-même pris l'initiative pour leur faire plaisir ?

Reste que derrière l'émotion, se cache un autre sentiment : "On ne peut avoir que de la colère quand ce sont des jeunes qui s'en vont comme ça, déplore Stéphane Sauvebois. Je renouvelle donc ces messages de prudence : quand une piste est indiquée fermée, n'y allez- pas ! N'y allez-pas, même si ça vous tente ! Si des panneaux sont dressés au milieu des pistes c'est qu'il y a une raison, il ne faut pas les emprunter".

Philippe Gril avec Benjamin Smadja