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Barrage de Sivens: "Ça ne peut que dégénérer", estime un élu local

La tension est toujours vive sur le site du barrage de Sivens

La tension est toujours vive sur le site du barrage de Sivens - REMY GABALDA / AFP

REPORTAGE RMC - Le tribunal de grande instance d'Albi a ordonné mardi l'expulsion d'une partie des zadistes qui occupent le site du barrage controversé de Sivens dans le Tarn. Il faut dire que depuis quelques jours la tension est remontée d'un cran.

Le chantier du barrage de Sivens est à l'arrêt depuis le 26 octobre 2014, jour de la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et des opposants au barrage. Pour autant, les zadistes, installés depuis octobre 2013, n'ont pas quitté les lieux. Ce qui exaspère de plus en plus les riverains qui ont obtenu ce mardi de la part du tribunal de grande instance d'Albi l'expulsion d'une partie d'entre eux. Il faut dire que depuis quelques jours la tension est encore montée d’un cran entre les "anti" et les "pro" barrage.

Insultes, menaces de morts, intimidation avec des armes… Pascale Puybasset, riveraine, femme d’agriculteur et favorable à la retenue d’eau (projet enterré par Ségolène Royal le 16 janvier dernier, ndlr) ne supporte plus l'insécurité ambiante. "Il y a eu un départ de feu dans une maison, il y a des vols régulièrement, des exploitations ont été attaquées… Quand on veut aller sur le site, car il y a une maison en plein cœur de la ZAD, nous sommes accueillis par des hommes encagoulés, avec des haches à la main, il est difficile de croire que ce sont des pacifistes", raconte-t-elle sur RMC.

"Des gens sont arrivés avec des barres de fer à la main"

Et de s'interroger: "Est-on encore dans un Etat de droit? C'est ça qui est dit et qui visiblement n'est pas entendu par les sphères parisiennes". De leur côté, les écologistes accusent "des miliciens pro-barrages d’alimenter cette escalade". C'est en tout cas le sentiment de Patrick Rossignol, maire d’une commune voisine, qui a récemment déposé plainte pour agression à la gendarmerie.

"Des gens sont arrivés avec des barres de fer à la main, des manches de pioches et m'ont menacé avec ces outils", assure-t-il dans Bourdin Direct. Un regain de tension tel qu'il estime que "cela ne peut que dégénérer parce que les uns vont protéger le lieu, les autres vont vouloir reprendre place". "Cela ne peut que dégénérer", insiste-t-il, inquiet. Il ajoute, en colère: "Les gens que j'ai vu avec des barres à la main sont des fous furieux".

"Aujourd'hui Lisle-sur-Tarn n'est pas un Etat de droit"

Maryline Lherm, maire (sans étiquette) de Lisle-sur-Tarn, commune où est installé le site du futur barrage controversé, redoute, elle aussi une escalade et de nouveaux heurts. "On est dans une phase où la violence et l'exaspération sont présentes et cela dure depuis beaucoup trop longtemps. Neuf mois que l'on vit nuit et jour avec ce problème", s'exaspère-t-elle sur RMC.

Malgré deux rendez-vous avec Ségolène Royal et une lettre adressée le 29 janvier à Manuel Valls, elle "n'a toujours pas de réponse". Sa requête: "que des mesures soient prises pour que le site redevienne paisible et que les riverains vivent et travaillent normalement" car "aujourd'hui Lisle-sur-Tarn n'est pas un Etat de droit". Dans ces conditions, la réunion de conciliation prévue lundi dans le Tarn entre pro et anti-barrages est un peu perçue comme le rendez-vous de la dernière chance…

Maxime Ricard avec Jean-Wilfrid Forquès