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C’est la Coupe du monde de pâtisserie, et rassurez-vous, la France "a toujours un coup d’avance"

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Dimanche et lundi à Lyon se déroule la Coupe du monde de pâtisserie, qui va mettre aux prises 14 pays. Et si la cuisine s’est mondialisée depuis longtemps, la pâtisserie française reste un modèle pour la planète entière. C’est en tout cas l’avis de Pascal Caffet, pâtissier et chocolatier, et juré de la Coupe du monde de pâtisserie.

Pascal Caffet, vice-président de l’association des Meilleurs ouvriers de France pâtissiers-chocolatiers.

"Le modèle de la pâtisserie dans le monde, c’est le modèle de la pâtisserie française. Quand il y a des concours, on se réfère forcément à la pâtisserie française. Tous les pays évoluent dans ce sens-là. Donc même si on a parfois l’impression que les Français prennent du retard, finalement on a toujours un coup d’avance. Notre pâtisserie reste la meilleure du monde, avec l’Italie, le Japon, la Belgique... Mais c'est toujours sur le modèle de la pâtisserie française, des techniques de pâtisserie française, inventées par des Français.

"Beaucoup de pâtissiers travaillent à l'étranger et essaiment notre modèle"

Il y a beaucoup de pâtissiers français qui travaillent à l’étranger et qui essaiment notre modèle. Et effectivement, c’est toujours intéressant de venir travailler dans les pâtisseries françaises quand on est un jeune pâtissier. Dans notre pays, il y a d’ailleurs beaucoup de jeunes pâtissiers qui s’installent. Certes avec plus ou moins de réussite.

Toutes les émissions de télévision sur notre métier de pâtissier font que beaucoup de jeunes s’y intéressent. Après, comme dans tous les métiers, entre s’y intéresser et en faire une passion, c’est autre chose. Mais c’est vrai qu’on parle beaucoup, beaucoup de la pâtisserie aujourd’hui. Autant que de la cuisine. Alors qu’avant on parlait beaucoup de la cuisine, mais très peu de la pâtisserie. C’est un métier qui a pris ses lettres de noblesse, à part entière.

"Les pâtissiers ont eu l’intelligence de transmettre les secrets de notre métier"

Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui font de la pâtisserie chez eux. Il y a beaucoup de cours aussi. Nous on en fait, et ils sont souvent à 80% remplis. Il y a 10 ans, c’était vraiment le début. Aujourd’hui, qu’on soit un homme ou une femme, tout le monde s’est passionné. Les pâtissiers ont eu l’intelligence de transmettre les secrets de notre métier, et ont évité d’en faire quelque chose de confidentiel.

C’est un métier qui est devenu à la mode, et on le voit dans les recrutements. On a énormément de jeunes qui veulent devenir pâtissier. On s’aperçoit aussi qu’il y en a beaucoup qui rêvent. Entre ce qu’on voit à la télé et la réalité de tous les jours... Se lever à 5h du matin pour bosser à 6h, c’est un peu différent de ce qu'on voit à la télé. Mais s’il y a une passion, ça se passe très bien. Des déçus il y en a dans tous les métiers. J’ai formé plusieurs centaines de jeunes qui aujourd’hui sont passionnés, installés, ou chef dans de grandes maisons. C’est ce côté transmission qui est hyper-important".

Propos recueillis par Antoine Maes