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Cancer: "Quitte à mourir je voulais comprendre et essayer de me battre"

TÉMOIGNAGE - Un sondage publié à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le cancer, ce mercredi, révèle que c'est la maladie qui fait le plus peur aux Français. RMC a rencontré Bernard, 49 ans, qui a survécu à un cancer du poumon alors qu'on lui donnait 10 mois à vivre.

C'est la maladie qui effraie le plus les Français. 57% des Français placent le cancer en tête des maladies qui les effraient, devant la maladie d'Alzheimer, le sida et les maladies cardiovasculaires. Conclusion d'un sondage Ipsos pour la "Fondation ARC pour la recherche sur le cancer", publié mardi, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer, ce mercredi. Autre constat : 7 Français sur 10 estiment avoir une probabilité importante d'avoir un jour un cancer et ce, en dépit des progrès considérables de ces 20 dernières années et de la révolution thérapeutique qui s'amorce. Troisième constat : plus la moitié des Français estime qu'on ne peut guérir qu'un cancer sur trois, alors que c'est un sur deux en réalité.

Le cancer est la première cause de mortalité en France avant 65 ans : 148.000 décès en 2012. Le cancer du poumon est le plus meurtrier : 30.000 décès en 2012.

Il y a pourtant des exemples qui redonnent de l'espoir. RMC a rencontré un miraculé, atteint du cancer le plus meurtrier, celui du poumon. Il s'est battu pour bénéficier d'un traitement expérimental et ça a marché.

"Être informé pour avoir accès à des traitements expérimentaux"

C'est il y a un an tout juste que Bernard, 49 ans, apprend qu'il a un cancer du poumon à un stade très avancé. On lui donne 10 mois à vivre. "Mon premier réflexe a été d'essayer de me former. Quitte à devoir mourir je voulais comprendre pourquoi et pour essayer de me battre", raconte-t-il. Il quitte alors son travail, "s'informe jour et nuit", et devient expert de son propre cancer. Il trouve un traitement expérimental, une thérapie ciblée. L'opération chirurgicale l'a presque guéri, et il est persuadé que c'est grâce à cette implication personnelle qu'il s'en est sortie. "Plus vous êtes informés, plus vous pourrez apporter la contradiction à votre médecin, plus vous pourrez demander à avoir des traitements expérimentaux. Un cancérologue ne peut pas tout savoir et dans mon cas je pense que je n'aurais pas bénéficié de cette opération si je n'avais pas insisté".

"Dans l'immense majorité des cas, le meilleur traitement proposé au patient"

Des patients plus savants qu'il faut désormais prendre en compte pour Hélène Esperou, médecin membre d'Unicancer, une fédération de centres anti-cancer: "C'est quelque chose de nouveau pour nous médecins de parler avec les patients et de dire 'vous avez vu ça, vous avez raison, c'est quelque chose dont j'avais entendu parler, on va voir ensemble comment vous pouvez y avoir accès'". "C'est du temps, c'est une remise en question parce que ce n'est pas agréable de se dire que la proposition qu'on a faite n'est pas suffisante", reconnaît-elle. "Il faudrait que les médecins acceptent ce challenge nouveau", exhorte-t-elle.

Des patients à écouter oui, mais Hélène Esperou tient à relativiser : "On doit faire comprendre (au patient) que l'on a des informations que lui ne peut pas avoir. Dans l'immense majorité des cas, c'est le meilleur traitement qui est proposé au patient".

En vidéo ci-dessous >> Quels espoirs contre la maladie ? Avec le professeur David Khayat, chef du service cancérologie à la Pitié-Salpêtrière, à Paris.


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Nombre de cas diagnostiqués en France

En 2012 (derniers chiffres connus), il y a eu 355.000 nouveaux cancers diagnostiqués en France, les hommes sont les plus touchés. Chez les hommes, c'est le cancer de la prostate qui est le plus courant. Chez la femme, c'est le cancer du sein. Un premier bilan du Plan Cancer 3, lancé le 4 février 2013, sera fait la semaine prochaine.

P. G. avec Romain Poisot