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Cellule psychologique pour les sinistrés: "ça fait du bien de parler mais je suis toujours dévastée"

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Lundi, 7 départements étaient encore en vigilance orange inondations. A Nemours, l'eau s'est retirée du centre-ville. Après le stress de ces derniers jours, certains craquent…

Nemours n'est plus sous les eaux. Il faut maintenant nettoyer, chiffrer le montant des dégâts. Mais c'est aussi le moment où on réalise ce qui vient de se produire, le moment du contrecoup, le moment où certains craquent.

Une cellule psychologique a été mise en place à la salle des fêtes de la ville pour accueillir les sinistrés. RMC a rencontré Florence. Elle est venue dès qu'elle a appris l'ouverture de cette cellule psychologique. Elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait pas continuer toute seule: "J'ai beaucoup de dégâts à l'intérieur de moi, surtout sur ce que j'ai vu sur cette oppression qu'on a eu de voir l'eau monter, d'être les yeux rivés à la fenêtre pour voir jusqu'où l'eau va monter, de dormir avec le bruit de l'eau qui se fracasse contre le pont tout le temps".

Puis est venue la décrue, et l'action: vider, nettoyer, s'aider les uns les autres. Et puis après, le vide: "Là de revenir à la vie normale, de revoir les gens qui font des courses… Il faut que j'aille remplir mon frigidaire car je n'ai plus rien, je n'y arrive pas, ça me paraît futile. Et pourtant j'ai besoin de manger et j'ai faim. C'est tout cela qu'il faut remettre en place… Le quotidien".

"Il ne faut pas les laisser tous seuls"

En face d'elle, Josué de la protection civile de la Marne se contente de l'écouter et de la rassurer. "Il ne faut pas les laisser tous seuls, ni minimiser leur vécu, c'est une partie de leur vie qui a disparu, pas seulement leur maison, explique-t-il. On peut avoir des syndromes de deuil parce qu'on a perdu une partie de soi, une partie de ces meubles, de ces objets qui leur appartenaient".

Et après ces 30 minutes d'entretien, Florence se sent un petit peu mieux: "Ça fait toujours du bien même si je pleure toujours, mais je suis toujours dévastée".

Réaliser que ça ne va pas, demander de l'aide, Florence a déjà fait le premier pas. Le plus important. Elle ne s'interdit pas de revenir dans la semaine, si elle en ressent le besoin.