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Christoph, patron à Dresde: "Les réfugiés, une chance pour l’Allemagne"

Des migrants à Munich, en Allemagne, le 13 septembre.

Des migrants à Munich, en Allemagne, le 13 septembre. - AFP

TEMOIGNAGES – Avec le vieillissement de la population, l’Allemagne manque de main d'oeuvre. Pour y faire face, les patrons allemands sont prêts à former et embaucher des réfugiés. RMC a rencontré un coiffeur à Dresde qui a fait ce choix.

L'Allemagne, un Eldorado pour des milliers de migrants en quête d'une nouvelle vie. Le chômage n'a jamais été aussi bas depuis la réunification et surtout, avec le vieillissement de la population, le pays manque de main d'oeuvre.

Selon la Fédération des employeurs (BDA), il manque 140.000 ingénieurs, programmateurs et techniciens outre-Rhin. L'artisanat, les métiers de la santé, l'hôtellerie recherchent activement du personnel. Quelque 40.000 places d'apprentissage pourraient rester vacantes cette année.

"Depuis que j'ai un job, ma vie a changé"

Pour faire face à ce manque de main d'oeuvre, les patrons allemands sont prêts à former et embaucher des réfugiés. RMC a rencontré un coiffeur à Dresde qui a embauché un réfugié Syrien.

Depuis deux mois, les journées de Jacob sont bien remplies. Le matin, ce Syrien de 31 ans retourne à l'école, pour apprendre l'allemand. L'après-midi, il travaille au salon de coiffure.

"Depuis que j’ai un job, ma vie a complètement changé", témoigne-t-il au micro de RMC. "J’ai mon propre appartement, je rencontre des gens, … Je suis vraiment content".

"J'encourage les patrons à ne pas avoir d'a priori"

Lorsqu’il a entendu parler de Jacob, Christoph, le patron du salon, n'a pas hésité une seconde.

"Avant d’embaucher Jacob, j’ai cherché un coiffeur pendant presque une année", raconte-t-il. "J’encourage tous les patrons à ne pas avoir d’a priori. On a tout à y gagner. C’est une chance pour l’Allemagne, parce qu’on a vraiment du mal à trouver du personnel qualifié".

Jacob a déjà 16 ans d'expérience à Damas. Avant la guerre, il avait son propre salon.

"Ici, je montre ce dont je suis capable", poursuit le réfugié syrien. "Quand je vois le sourire sur le visage de mes clients, ça me rend très très fier".

Mais pour Jacob, l'Allemagne n'est qu'une étape. Quand la guerre sera finie, il veut retourner en Syrie.

C. P. avec Juliette Droz