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Clémentine Fensch, infirmière: "des réformes comme celles-ci, c'est la mort de l'hôpital public"

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Les agents de l'AP-HP manifestent ce jeudi contre le plan de réorganisation de leur temps de travail porté par Martin Hirsch. Clémentine Fensch, infirmière, avait lancé un appel dans une vidéo, estimant "avoir perdu la foi en le service public". Elle était invitée ce matin, dans Bourdin Direct.

"J'ai perdu la foi en le service public", lance Clémentine Fensch, infirmière à l'AP-HP. La jeune femme de 31 ans, et auteure d'une lettre ouverte à Martin Hirsch, ne cache pas son inquiétude: "Si des réformes comme celles-ci continuent de pleuvoir, c'est la mort de l'APHP qui est l'excellence médicale. Je suis très fière d'y travailler, c'est une institution qui m'a tout appris. Sauf que les conditions sont de plus en plus difficiles. On nous demande d'en faire toujours plus avec moins de temps moins de moyens et c'est le patient qui en pâtit aujourd'hui".

La réforme portée par Martin Hirsch propose de réaménager le temps de travail et donc, de supprimer les RTT des agents de l'AP-HP. Une mesure qui permettrait 20 millions d'euros d'économie. Sauf que… "nous ne sommes pas des fonctionnaires comme les autres. Je n'effectue pas des journées de 7h30, mais des journées de 8 voire de 9 heures. Tout cela pour soigner correctement", développe Clémentine Fensch dans sa lettre.

"Demain, nous n'aurons plus le temps de parler aux patients"

A la question "Soignez-vous correctement?", elle répond: "Non". "On essaie de faire tout ce qu'on peut. On fait des heures supplémentaires qui ne sont pas récupérées, pas payées. Demain, nous ne serons que des techniciennes, nous n'aurons plus le temps de parler aux patients", s'inquiète-t-elle encore.

Et de rappeler la nécessité des RTT pour le personnel hospitalier: "Il faut que Martin Hirsch vienne passer du temps dans un service de réanimation. Il verra que nous avons besoin de nos RTT. On fait un métier usant, nous avons besoin de repos pour garder notre sourire".

Ce jeudi, ils étaient quelques milliers à marcher en direction de l'Elysée pour demander le retrait de la réforme. Alors que la direction espérait clôturer le 18 juin les négociations sur un réaménagement du temps de travail des 75.000 agents non médicaux, le dialogue est au point mort selon l'intersyndicale (CGT, SUD, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC et Unsa) qui avait appelé à cette nouvelle grève.