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Coffee shops en France: l'Etat contre-attaque

La justice durcit le ton face aux coffee shops. Ces boutiques vendant des produits dérivés du cannabis profitaient d'une législation un peu floue sur la vente de ces produits.

L'Etat à l'offensive contre les coffee shops. Dans la plupart des coffee shops français, ce qui est vendu, ce sont des produits contenant moins de 0,2% de THC, l'un des composés psychoactifs du cannabis. Les boutiques pensent ainsi être dans les règles.

Or le problème est bien là: vendre un produit contenant ne serait-ce qu'une trace de THC est interdit en France. Ce qui est autorisé par la loi qui date de près de 30 ans, c'est d'utiliser une plante de chanvre contenant moins de 0,2% de THC à des fins industrielles, mais pas question de retrouver ce THC dans le produit fini.

"On avait tout mis en place pour être dans les clous"

Après plusieurs semaines de flou, le ministère de la Justice a invité tous les parquets de France à mettre en application plus sévèrement la loi. Des opérations policières ont donc eu lieu dans une trentaine de coffee shops. Parmi eux, le Canna Coffee à Paris qui a dû fermer ses portes. La gérante a été mise en examen. Un scandale pour Gabin Formont le cofondateur de l'établissement.

"Nous, on a très mal vécu la chose car on avait vraiment mis tout en place pour être dans les clous. On ne peut rien faire, on ne peut même plus payer notre loyer en attendant la décision de la juge, on est traités comme des coupables. J'ai 28 ans je suis jeune, ça marchait bien, je me voyais créer mon avenir et c'est la France qui vient nous casser dans notre élan".

Certains gérants ont décidé de fermer d'eux même, d'autres sont en attente de jugement. Dans la plupart des cas, les boutiques ont été scellées et les gérants placés en garde à vue. A Vannes, dans le Morbihan, deux gérants ont déjà été condamnés. Leur peine: une amende respectivement 1.000 et 2.500 euros et la fermeture définitive de leur boutique. Malgré cette situation, de nouveaux coffee shops ont ouvert leur portes cet été.

Mahault Becker-Granier (avec P.B.)