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Comment le jeu "Flight Simulator" est devenu l'un des remèdes anti-confinement

C'EST DEJA DEMAIN - Voilà de quoi faire le tour du monde depuis son siège durant le confinement.

Flight Simulator a été élu cette semaine aux Pégases, l’équivalent des César pour les jeux vidéo. Et c’est vrai que c’est LE jeu dont on a besoin pour souffler et s’évader un peu, même si c’est virtuellement.

Ici pas d’objectif à atteindre si ce n’est de profiter du paysage. On est dans le cockpit, on a les commandes d’un A320, d’un Dreamliner ou d’un Cessna reproduit au boulon près. Et on vole d’aéroport en aéroport en profitant du paysage. Et quel paysage. Car tout l’intérêt de ce jeu c’est son niveau de réalisme hallucinant.

On entre dans l’ère de ce qu’on appelle les jeux photoréalistes, c’est-à-dire des jeux dont les graphismes sont tellement époustouflants qu’on ne peut plus faire la différence entre une image du jeu et la réalité. C’est un moteur 3D extrêmement puissant couplé à de l’intelligence artificielle –il faut aussi avoir un bon PC-, qui a permis de modéliser les avions dans leurs moindres détails, mais aussi la quasi-totalité de la planète, y compris les 44.000 aéroports qu’on trouve dans le monde reproduits dans leurs moindres détails, les matériaux, les surfaces, la longueur du tarmac.

Une institution qui fait l’objet d’un véritable culte chez les gamers

Mais aussi des centaines de villes modélisées à l’immeuble près –on peut survoler sa propre maison. Il faudrait 14 ans 24h/24 pour parcourir la totalité de la carte. Surtout, le monde du jeu vidéo change en même temps que le nôtre. Le trafic aérien, la pression atmosphérique, la direction du vent, les jet streams, traverser des nuages, en prenant en compte les vraies données météo du moment. Cerise sur le gâteau : on peut jouer en réalité virtuelle. Et alors là c’est immersion à 100% garantie.

Donc le principe c’est de passer 7 heures devant son ordinateur à faire un Paris-New York virtuel. Il faut quand même être sacrément motivé. C’est relaxant, contemplatif –c’est ce qui marche en ce moment, on l’a aussi vu avec le succès d’Animal crossing, où le seul objectif est de se créer une seconde vie sur une île paradisiaque- ça permet aussi d’assouvir un rêve de gosse : qui n’a jamais rêvé d’être pilote d’avion ?

Ca peut sembler étrange mais ce jeu, dont la première version date de 1982, c’est une institution, il fait l’objet d’un véritable culte chez les gamers. Il a une communauté de fans très large et très active. Quand j’étais jeune déjà il y avait les passionnés de Flight simulator, qui passaient leurs weekends à se faire des voyages virtuels et à ingurgiter des manuels de pilotage gros comme des annuaires.

Cerise sur le gâteau : ce jeu, qui est un succès mondial... est Français. C’est Microsoft qui édite le jeu, mais pour le développer, le géant américain a fait appel à Asobo, un studio bordelais créée il y a 18 ans –ça veut dire "amusons-nous" en japonais qui compte 200 personnes. Une illustration de l’excellence française en la matière.

Les vrais passionnés poussent le délire très loin en transformant une pièce de leur maison en cockpit !

Les vrais fondus du jeu qui vont jusqu’à recréer carrément une cabine de pilotage dans une pièce de leur maison ! On trouve des plans sur internet. Et certains y passent des années, trois ou quatre écrans d’ordinateur et des instruments de navigation qu’on va coupler avec le jeu –c’est quand même mieux que de jouer au clavier: joystick de pilote, manette de gaz, palonnier, casque de réalité virtuelle éventuellement. Pour la totale il faut compter plusieurs milliers d’euros. Quand on est à ce niveau-là, le plus simple c’est de passer un vrai brevet de pilote.

Anthony Morel (avec J.A)