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Covid-19: sur RMC, l'infectiologue Éric Caumes juge "pas très raisonnable" la décision de rouvrir les écoles dès ce lundi

Le chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière répondait aux questions d'Apolline de Malherbe.

Les écoles primaires et maternelles ont rouvert lundi pour une rentrée qui s'annonce complexe, entre la montée en puissance des tests anti-Covid voulue par le gouvernement et le maintien d'un protocole sanitaire strict qui risque de provoquer de multiples fermetures de classes.

Après trois semaines de fermeture de l'ensemble des établissements scolaires pour tenter d'endiguer l'épidémie, le gouvernement a décidé de maintenir son calendrier: rentrée ce lundi pour les écoliers, tandis que collégiens et lycéens reprennent en distanciel jusqu'au 3 mai et le retour programmé dans leurs établissements, souvent en demi-jauge.

L'objectif est clair: tenir dix semaines jusqu'à la fin de l'année scolaire, sans que la réouverture n'aggrave la dynamique du virus, qui continue à circuler à un niveau élevé.

.Lundi matin, Eric Caumes, le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière, ne jugeait "pas très raisonnable" de rouvrir les écoles. "Mais je n'ai pas envie de porter de jugement", a-t-il ajouté sur RMC.

"Les chiffres ne sont pas encourageants, ça a à peine commencé à redescendre dans certains endroits, donc se dire qu'on relâche déjà les précautions alors qu'on n'est toujours pas clairement redescendu, ça nous inquiète" a-t-il confié à Apolline de Malherbe.

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Malgré les critiques d'une partie du corps médical et les craintes de certains enseignants, l'exécutif défend sans discontinuer son objectif de garder les écoles ouvertes pour éviter un "trou d'air éducatif". Cette reprise repose avec acuité l'enjeu du vaccin: depuis dix jours, seuls les enseignants de plus de 55 ans ont des créneaux réservés dans les centres de vaccination.

Pour tenter de calmer la défiance envers le vaccin produit par AstraZeneca, le ministre a reçu sa première dose du vaccin britannique samedi et encourage publiquement les personnels prioritaires à se faire "vacciner maintenant".

Avec le retour des beaux jours, le gouvernement incite aussi à faire classe en plein air.