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Crash de la Germanwings: "On n'a rien fait en France pour résoudre le problème"

Le crash d'un avion de la Germanwings, il y a un an, a fait 150 morts dans les Alpes de Hautes-Provence.

Le crash d'un avion de la Germanwings, il y a un an, a fait 150 morts dans les Alpes de Hautes-Provence. - BEA

Alors que les experts du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) ont recommandé ce dimanche un renforcement du contrôle médical et psychologique des pilotes, quelles mesures ont été prises en France depuis le crash de la Germanwings dans les Alpes de Hautes-Provence? RMC fait le point.

Un an après le crash de la Germanwings, qui a fait 150 morts, le BEA vient de rendre son rapport final. Les experts recommandent un renforcement du contrôle médical et psychologique des pilotes afin d'améliorer la sécurité des vols.

Le 24 mars 2015, le copilote de l'A320 de la Germanwings, Andreas Lubitz, se retrouvait seul dans la cabine de pilotage et précipitait l'avion et ses 149 autres passagers contre un flanc de montagne, dans les Alpes de Hautes-Provence.

L'objectif du BEA, c'est tout d'abord de revenir sur les circonstances du drame. Un cas unique de suicide pour une compagnie aérienne occidentale. Quelles ont été les défaillances? Comment éviter qu'un tel drame se reproduise?

Base de donnée aéro-médicales en cours de constitution

L'agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a déjà recommandé la présence permanente de deux personnes dans le cockpit tout au long du vol. C'est ce qu'on appelle "la règle des quatre yeux": si un des pilotes doit s'absenter, une hôtesse ou un steward doit rejoindre le cockpit, pour pouvoir intervenir en cas de problème. Une mesure appliquée aux Etats-Unis depuis les attentats du 11-Septembre. En Europe, cette mesure n'est pas encore obligatoire, mais largement appliquée depuis le crash.

En ce qui concerne le verrouillage des cockpits, pour l'instant, le système de sécurité reste inchangé. Ils sont blindés, afin d'éviter toute intrusion. En terme de suivi psychologique des pilotes – la faille dans l'accident de la Germanwings - aucune nouvelle mesure n'a été mise en place pour l'instant.

"Il semblerait qu'une autre mesure, la base de données aéro-médicales - une base de données réservée aux médecins à l'intérieur de l'Europe, de telle façon que chaque médecin européen pourrait s'y référer - est en cours de constitution", indique le commandant de bord Yves Deshayes, vice-président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). "Mais à ma connaissance, elle n'est pas opérationnelle aujourd'hui. Je ne suis pas certain qu'on trouvera un jour la mesure qui empêchera totalement ce genre de choses".

"Renforcer les centres d'expertise médicale du personnel naviguant"

Pour Gérard Arnoux, ancien commandant de bord et président du comité de veille de la sécurité aérienne, les solutions sont "claires":

"Maintenir, renforcer les centres d'expertise médicale du personnel naviguant (CEMPN). Mais en tout état de cause, c'est exactement le contraire que ce que l'aviation civile entend faire. Puisqu'elle parle, pour des raisons de coûts, de supprimer les CEMPN français. Et à la lumière de cet accident, c'est la dernière chose à faire. Ensuite, travailler sur la reconnaissance biométrique de pupilles pour l'ouverture de la porte du poste (…) Jusqu'à présent, ce qu'on n'a fait pour résoudre le problème en France, c'est rien du tout".

C. P. avec Marie Monier