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Crise de l'agriculture: la solution française pour en sortir

Plutôt que de devoir jeter le lait (comme ici lors d'une manifestation en Espagnel), les éleveurs français réclament la possibilité de stocker le lait en poudre en attendant la remontée des prix.

Plutôt que de devoir jeter le lait (comme ici lors d'une manifestation en Espagnel), les éleveurs français réclament la possibilité de stocker le lait en poudre en attendant la remontée des prix. - Miguel Ropia - AFP

Les 28 ministres de l'Agriculture de l'Union européenne sont réunis ce lundi à Bruxelles pour tenter d'enrayer la chute des prix du lait et du porc. Le ministre français, Stéphane Le Foll, va tenter de rallier à sa cause les États membres sur une mesure particulièrement réclamée par nos éleveurs.

Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, est à Bruxelles pour porter les idées des agriculteurs français pour sortir de la grave crise qui les frappent. Les 28 ministres européens de l'Agriculture sont réunis ce lundi dans la capitale européenne pour tenter de prendre les mesures qui feront remonter les prix du lait et du porc.

A son arrivée, lundi, à la réunion, le commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan a annoncé qu'il avait l'intention de présenter un nouveau "paquet de mesures significatif". Et s'il écoutait la France, première puissance agricole européenne qui, si elle n'a pas de pétrole, a des idées ?

Stéphane Le Foll met en avant une proposition : le stockage du lait (sous forme de poudre) et du porc dans les coopératives et entreprises de transformation pour désengorger le marché et résoudre le problème de la surproduction.

"Stocker pour revendre quand les prix remontent"

Une idée qui séduit déjà l'Allemagne, l'Espagne ou encore l'Italie et que présente sur RMC Manuel, éleveur de vaches laitières à Heubécourt-Haricourt, dans l'Eure. 120 vaches laitières, une salle de traite qui tourne à plein régime, mais des centaines de litres jetés chaque année… Manuel est un éleveur découragé.

"On est en surproduction par rapport à notre contrat, donc on a mis 12.000 litres à la banque alimentaire", raconte-t-il. C'est pourquoi il estime que le stockage de lait en poudre, par des coopératives dans de grands bâtiments, serait une solution. "Parce qu'on peut le revendre au moment où les marchés se relèvent, lorsque les prix sont meilleurs".

"Il faut des financements européens"

Seulement, ces unités de stockage coutent cher à financer, et dans leur situation actuelle, les éleveurs ne pourront pas les financer seuls. Stéphane Le Foll doit donc obtenir une nouvelle aide: "Les trésoreries sont à sec, donc il faut que ce soit financé par les états membres", explique Manuel.

La France plaide pour un relèvement des niveaux de stockage pour la poudre de lait, de 109.000 à 160.000 tonnes (pour l'ensemble des 28 États membres) et une dérogation temporaire aux règles de la concurrence autorisant les États à limiter la production. Une recette qui serait également appliqué au porc, dont les surplus seraient temporairement conservés dans des centres de transformation.

L'Irlande, la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni sont hostiles à cette idée. "L'Europe doit se réveiller. Il faut vraiment que les politiques européens prennent des mesures fortes", exhorte Manuel, les yeux rivés sur Bruxelles.

P. G. avec A. Denet