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Crise des migrants: à Dieppe aussi, les migrants tentent leur chance vers l'Angleterre

A Dieppe, une centaine de migrants dort dans des tentes au pied des falaises (photo d'illustration)

A Dieppe, une centaine de migrants dort dans des tentes au pied des falaises (photo d'illustration) - AFP

REPORTAGE - Calais n'est pas la seule ville française touchée par l'arrivée massive de réfugiés. Avant même l’annonce du démantèlement d’une partie de la jungle de Calais, certains migrants avaient choisi de tenter la traversée par d’autres ports de la Manche, comme Dieppe. Et comme à Calais, les migrants tentent leur chance et comme à Calais, il y a des grilles, des barbelés et des vigiles pour les dissuader.

François Hollande et David Cameron ont rendez-vous jeudi à Amiens pour un 34ème sommet franco-britannique. La crise des migrants affluant dans la "Jungle" de Calais sera au cœur des discussions entre les deux dirigeants. Mais Calais n'est pas la seule ville française touchée par l'arrivée massive de réfugiés. Ainsi, avant même l’annonce du démantèlement d’une partie de la jungle de Calais, certains migrants avaient choisi de tenter la traversée par d’autres ports de la Manche, comme Dieppe (Seine-Maritime).

"Ils vivent dans des abris extrêmement précaires"

Dans cette ville d'un peu plus de 30.000 habitants, une bonne centaine de migrants est installée: des jeunes hommes entre 15 et 30 ans. Ils fuient leurs pays en guerre et arrivent à Dieppe, après être parfois passés par la "Jungle" de Calais. Mais ils ont tous le même objet d’intérêt et de convoitise: le ferry "Côte d’Albâtre" en provenance de Newhaven (Angleterre).

Comme à Calais, les migrants tentent leur chance et comme à Calais, il y a des grilles, des barbelés et des vigiles pour les dissuader. "Ils vivent dans des tentes rafistolées, des abris extrêmement précaires", déplore Ginette, bénévole pour l’association Itinérance qui vient en aide aux migrants. "La vision quotidienne que l'on a est de voir ces gamins en train de grimper aux grillages pour essayer de passer", ajoute-t-elle.

"Les vigiles sont partout"

Des Albanais, des Syriens, des Irakiens, des Erythréens, des Somaliens, ou encore des Afghans attendent ici l’occasion d’embarquer illégalement dans un ferry pour gagner l’Angleterre comme l'explique Souleyman, un Soudanais qui a quitté, il y a un mois, la "Jungle" de Calais pour venir ici: "Je suis resté à Calais une semaine puis je suis venu tenter ma chance ici. Mais en fait c’est plus facile à Calais car il y a plus de bateaux qui vont vers l’Angleterre. Ici on les voit mais on ne peut pas les prendre car les vigiles sont partout."

Car, à Dieppe, la difficulté pour les migrants, c’est le nombre de liaisons vers l’Angleterre: seulement deux par jour. "C'est dérisoire par rapport à ce qui se passe à Calais où il y en a un toutes les trente minutes. Ils calculent donc bien que leurs chances sont réduites ici", analyse Brigitte. Pourtant les migrants sont de plus en plus nombreux: leur nombre a doublé depuis décembre dernier. Et certains tentent même leur chance d'un peu plus loin, vers d’autres ports normands comme Cherbourg ou Ouistreham.

Maxime Ricard avec Antoine Perrin