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Cumul des mandats: "Ce serait une folie de revenir sur cette loi"

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La fin du cumul des mandats inquiète beaucoup certains élus Les Républicains. A tel point qu'ils ont déposé une proposition de loi pour l'autoriser en 2017. Une proposition qui survient en plein été et que ces derniers espéraient qu'elle passe inaperçue.

La proposition de loi a été déposée le 9 août. Et les 99 députés et 80 sénateurs signataires du texte espéraient sans doute qu'il reste discret. La proposition envisage de repousser de 2 ou 3 ans l'entrée en vigueur de la loi "pour se donner le temps de la réflexion".

Selon Daniel Fasquelle, député maire LR du Touquet et initiateur de la proposition, les Français ne sont pas opposés au cumul des mandats, ce qu'ils rejettent c'est le cumul des indemnités. Des indemnités qui sont plafonnées dans sa proposition. Parmi les élus signataires, Hervé Mariton. A l'inverse, François Fillon, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet plaident pour le non-cumul.

Et il estime que la loi de non-cumul des mandats est "absurde: "La loi votée par les socialistes est absurde. Elle empêche demain un maire de devenir député mais surtout un parlementaire député ou sénateur d'avoir un mandat local. Or on a besoin en France de parlementaires qui aient les deux pieds sur terre et pas des parlementaires hors sol, déconnectés de toute réalité".

"Le débat était tranché"

Pour un autre député LR, Thierry Solère, le texte proposé par ses confrères républicains est aberrant. Il avait d'ailleurs voté la proposition de loi des socialistes pour la fin du cumul des mandats: "Pour moi le débat était tranché et je trouve que c'est bien qu'aujourd'hui les parlementaires ne soient plus à la tête de grandes mairies, de grandes régions, de départements puisque on ne peut pas tout faire. Ça participe de la défiance que les Français ont des hommes politiques de les voir cumuler en général trop largement. Je note que tous les présidents de région élus -Xavier Bertrand, Valérie Pécresse- ont démissionné pour se consacrer pleinement à leurs fonctions, alors que la loi aujourd'hui n'est toujours pas applicable. Je suis persuadé qu'ils ne reviendront pas dessus, ce serait une folie de le faire".

Daniel Fasquelle peut en tout cas compter sur Nicolas Sarkozy qui a fait inscrire dans le projet du parti un référendum sur le retour du cumul des mandats.

P.B. avec Anaïs Denet