RMC

David, victime d'un tir de Flash-Ball: "Manifester et revenir avec des séquelles à vie, je dis non"

"Manifester et revenir avec des séquelles à vie, je dis non", dit sur RMC David, victime d'un tir de Flash-Ball. (Photo d'illustration).

"Manifester et revenir avec des séquelles à vie, je dis non", dit sur RMC David, victime d'un tir de Flash-Ball. (Photo d'illustration). - Pascal Guyot - AFP

TÉMOIGNAGE - Alors que l'éventualité d'une interdiction de l'usage des Flash-Balls fait débat, David, touché par un tir lors d'une manifestation, a appelé le 3216 pour témoigner sur RMC de la puissance de cette arme.

Le ministre de l'Intérieur a entendu les craintes des policiers. Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi qu'il n'y aurait pas de moratoire (suspension) sur les Flash-Balls, comme le préconisait le Défenseur des Droits Jacques Toubon. Pourtant, ceux qui ont été victimes d'un tir de balles en caoutchouc dénonce les dégâts physiques qu'il occasionne. David, a appelé le 3216 pour témoigner sur RMC.

En octobre 2013, alors qu'il manifeste contre les portiques écotaxe en Bretagne, il reçoit un tir de Flash-Ball dans le cou. "On voulait mettre à terre les portiques écotaxe, raconte-t-il. Face à nous il y avait des CRS armés jusqu'aux dents. Nous étions seulement des pères de famille, je n'avais que des clés dans ma poche. J'ai pris une balle de Flash-Ball en plein cou. Vu la puissance de cette arme, je me suis écroulé. Et après, on m'a raconté que j'avais été évacué en hélicoptère, j'étais entre la vie et la mort".

"Hématome géant du coup jusqu'au bas du ventre"

"Le lendemain, une brigade de police m'a contacté pour prendre de mes nouvelles, poursuit-il. Mais ils m'ont assuré qu'il n'y avait pas de Flash-Ball là où je me trouvais. Alors qu'il y a eu un rapport des médecins qui ont bien conclu à un tir de Flash-Ball vu les séquelles". Pendant un mois, David va garder un hématome géant s'étirant du coup "jusqu'au bas du ventre". Il en garde surtout des séquelles psychologiques. "J'y pense tous les jours", assure-t-il.

Persuadé que sa requête contre l'État n'aboutirait pas et craignant des représailles pour son entreprise agricole, il n'a pas porté plainte. Aujourd'hui, s'il n'est "pas forcément pour une interdiction", il se prononce "pour une meilleure formation des forces de l'ordre" qui utilisent les Flash-Balls. "Manifester et revenir avec des séquelles à vie, je dis non", conclut-il.

Philippe Gril avec Adrien Borne