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De plus en plus de dépistage des cancers génétiques: "Les gens commencent à comprendre"

Plus de 50.000 consultations destinées à dépister un terrain génétique favorable au cancer ont été effectuées en France en 2014, soit une hausse de 18% par rapport à l'année précédente selon une synthèse publiée ce jeudi par l'Institut national du cancer (INCa). Explications.

Les consultations de dépistage de terrains génétiques favorables au cancer sont en forte augmentation. Plus de 50.000 consultations ont été données en 2014, soit 18% de plus par rapport à l'année précédente comme l'a révélé ce jeudi l'Institut national du cancer (INca). Et pour beaucoup, ce qui a servi de déclic c'est la médiatisation en mai 2013 par Angelina Jolie de sa chirurgie préventive afin d'éviter un cancer du sein.

"Les risques génétiques et les cancers génétiques n'étaient pas nécessairement connus du grand public avant le coming out d'Angelina Jolie", confirme Céline Lis-Raoux, directrice de Rose, le magazine féminin à destination des personnes atteintes par le cancer. Et d'avancer une autre explication à une telle hausse des consultations: "Les cancers génétiques sont un des principaux points du plan Cancer 3 annoncé en 2015".

"Parfois difficile à supporter"

Mais ces consultations ne se font pas chez n'importe quels patients comme l'explique Claude Maylin, cancérologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris: "Prenons le cancer du sein, les consultations se font chez les femmes jeunes, de moins de 45 ans, qui ont un ou deux cancers dans la famille. Dans ce cas, on peut en effet parler d'un risque de cancer héréditaire qui existe dans près de 5 à 10% des cas. De manière générale, le risque par rapport à une population normale est accru selon les études de 40 à 60%".

Une fois le diagnostic tombé, la surveillance est nettement accrue. Le but: détecter au plus tôt la tumeur cancéreuse. Pour Céline Lis-Raoux, les consultations génétiques n'ont donc que des avantages: "Cela veut dire aussi que les gens commencent à comprendre que si l'on est surveillés et soignés, on peut vivre très longtemps avec ce risque, même s'il est parfois difficile à supporter".

M.R avec Claire Checcaglini