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Débat sur l'interdiction de la fessée: "Mes enfants ne m'en ont jamais voulu"

Le Conseil de l'Europe doit se prononcer ce mercredi sur une réclamation d'une ONG britannique qui reproche à la loi française de ne pas interdire totalement les châtiments corporels sur les enfants. RMC est allée à la rencontre de parents qui reconnaissent ne pas voir d'inconvénient à la fessée et qui en expliquent même l'intérêt dans certaines situations.

La France va-t-elle devoir interdire la fessée? Cet éternel débat revient sur le devant de la scène. En effet, le Conseil de l'Europe doit se prononcer ce mercredi sur une réclamation d'une ONG britannique qui reproche à la loi française de ne pas interdire totalement les châtiments corporels sur les enfants. Et selon des informations du Monde, Paris devrait même être condamné car le droit français tolère encore un "droit de correction" au sein de la famille, à condition que cette "correction" soit légère et qu'elle ait un but éducatif. Si cette condamnation est uniquement symbolique, elle pourrait bien contraindre la France à se mettre en conformité avec la Charte européenne des droits sociaux.

Pourtant, même si la fessée était interdite, Yvonnick continuerait à en donner à Marius, son fils de 2 ans et demi. "La fessée n'est pas du tout un acte de violence ou de parents qui perdent le contrôle", assure ce père de famille à RMC. S'il explique que cela "lui arrive rarement, une fois par semaine, une fois de temps à autres", il en donne les raisons: "Parfois, on peut expliquer calmement et posément à son petit bout de chou ce qu'il doit faire, il ne comprend pas parce qu'il teste l'autorité. Et bien je trouve que, lorsque je donne une petite fessée à Marius, après il m'écoute, il comprend".

"De temps en temps, il faut rappeler les limites"

Yvonnick se dit persuadé que "Marius n'a pas mal mais il comprend le message, il comprend qu'il a fait quelque chose de pas bien et qu'il doit écouter son papa quand il donne des consignes". Si à l’origine, Emilie, la maman de Marius, était contre la fessée. Mais ça c’était avant de devenir maman, comme elle l'explique dans Bourdin Direct: "On se rend compte que ce n'est pas toujours facile, que l'on fait vraiment avec nos moyens et comme on peut. Parfois, on peut donc être amené à aller jusqu'à la fessée… Cela n'arrive que rarement, c'est quand vraiment on est à bout". Elle précise aussi: "Après, en tant que parents, on culpabilise souvent".

Stéphane, lui, a trois enfants de 7, 4 et un an. Lui aussi avoue donner la fessée. "C'est très rare, mais de temps en temps, il faut rappeler les limites", témoigne-t-il sur RMC. Selon lui, "ce n'est pas la douleur qui est important mais le geste. On est plus dans la vexation que dans la violence physique." S'il confie que "ça ne fait jamais plaisir de donner la fessée à ses enfants", il certifie toutefois que "les rares fois où j'ai été amenée à le faire, mes enfants ne m'en ont jamais voulu. Au contraire, derrière, ils se sentent vraiment fautifs et sont les premiers à demander pardon".

A noter, enfin, que selon une récente enquête de l'observatoire "Approuvé par les familles", 40% des Français déclarent donner des claques ou des fessées à leurs enfants de temps en temps.

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Retrouvez aussi, ci-dessous, l'interview de Laurence Rossignol, secrétaire d'Etat à la Famille, dans Bourdin Direct ce mardi matin.

Maxime Ricard avec Amandine Dubiez