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Déchéance de nationalité: "La communication de Manuel Valls est affligeante"

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REPORTAGE - Au sein de la majorité, de nombreuses voix s'élèvent contre l'extension de la déchéance de nationalité aux Français binationaux. Dans le Nord, élus et militants socialistes rencontrés par RMC se disent un peu déboussolés face à cette polémique qui enfle.

Depuis l'annonce du maintien de la déchéance de nationalité pour les français binationaux dans le projet de réforme constitutionnelle, de nombreux membres de la majorité se sont succédé pour affirmer leur opposition à cette mesure. Dans le Nord, une vingtaine d'élus locaux ont lancé, vendredi, une page Facebook intitulée "#noussommeslePS. Socialistes, nous refusons la déchéance de nationalité". Car sur place, élus et militants socialistes se disent déboussolés face à la situation actuelle.

"Je trouve ça triste et scandaleux"

Ainsi, Mehdi numéro deux des jeunes socialistes dans le Nord dit ne plus se reconnaître dans son propre parti. "Je suis très triste. Triste et perdu car ce n'est pas le parti dans lequel j'ai adhéré. Ce n'est pas le gouvernement que j'ai porté au pouvoir, explique-t-il sur RMC. J'ai encore en tête le discours de François Hollande au Bourget dans lequel il expliquait que présider la République c'était l'unir, ne pas faire de catégorie entre les différentes couches de la population, les différents français".

"J'ai ce discours en tête au quotidien, à chaque fois que je porte un tract PS, à chaque fois que je frappe aux portes, poursuit-il. Toutes ces valeurs ce sont celles qui font que nous sommes au Parti socialiste. Or, tout remettre en cause en une phrase, je trouve ça triste et scandaleux". Au centre des crispations, Manuel Valls qui a déclaré ce dimanche au JDD qu'une partie de la gauche, celle qui refuse la mesure, "s'égare".

"Encore heureux que l'on a des valeurs"

Yohan Senez, membre de la direction du PS dans le Nord, se montre très remonté contre le Premier ministre. "La communication de Manuel Valls est affligeante de la part d'un chef de gouvernement socialiste, estime-t-il. C'est une véritable honte que de reprocher à des hommes et des femmes de gauche d'être cramponnés à un certains nombres de valeurs. Mais encore heureux que l'on a des valeurs, sinon on ne fait pas de politique !"

Et d'insister: "Je suis fier de mes valeurs de gauche et de mes valeurs républicaines". Il martèle enfin: "Cette mesure de déchéance de nationalité, nous ne l'accepterons jamais !" Pour apaiser les tensions, il réclame donc un débat interne au Parti socialiste: "Le Premier ministre et le président de la République ne peuvent pas faire comme si rien ne se passait. C'est impossible".

Maxime Ricard avec Juliette Droz