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Décision de justice attendue pour les "ex-Conti": "Ca pourrait aider d'autres gens injustement licenciés"

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Les anciens salariés de l'usine Continental de Clairoix attendent la décision de la Cour de cassation ce mercredi. Elle doit dire si la maison-mère de Continental France est co-responsable du plan social qui avait conduit au licenciement de 683 salariés de cette usine de l'Oise.

La Cour de cassation va-t-elle mettre un point final au conflit judiciaire qui oppose les anciens salariés de l'usine Continental de Clairoix dans l'Oise, à leur ancien employeur? Après plus de six ans de combat en justice, la Cour de cassation, saisie par Continental, doit dire ce mercredi si la maison-mère du groupe était co-employeur des salariés de Clairoix.

En 2014, la Cour d'appel d'Amiens avait rejeté le motif économique des licenciements des 683 "Conti" au regard de la situation économique de l'entreprise et confirmé que la maison-mère allemande Continental AG était co-employeur des salariés, et donc responsable de ces licenciements abusifs. Fiodor Rilov, avocat des ex-Conti souhaite que la société mère en Allemagne sera bien reconnue responsable du plan social.

"Lorsque dans un groupe multinational c'est la société dominante, la société mère qui décide de fermer l'une de ses usines, c'est elle qui doit assumer la responsabilité sociale et juridique de cette décision", estime-t-il. Le groupe Continental souhaite lui voir

"Tous les salariés des multinationales concernés"

Xavier Mathieu, ancien délégué syndical CGT espère que la décision de la Cour de cassation lui permettra de tourner la page. "Ca réparera peut-être le côté psychologique. Les gens pourraient passer à autre chose. On a juste envie que la justice reconnaisse cette injustice que les salariés ont subie", espère-t-il. Un conflit social que Pierre Sommé n'oubliera jamais. Il a d'ailleurs gardé sa veste de travail.

"C'est la veste qui m'a suivie pendant toutes les manifestations et qui me suit encore maintenant. Ils ont mis des milliers de familles, des milliers de gens à la rue. La fermeture de l'usine, c'est une catastrophe son nom", constate cet ex-salarié. 

L'ancien délégué syndical Force ouvrière estime que l'enjeu de cet arrêt dépasse les salariés de Clairoix. Si la justice condamne la maison mère allemande, elle enverra un message aux multinationales implantées en France. "Ca pourrait aider d'autres gens qui sont injustement licenciés et j'espère que ce sera la jurisprudence Continental". Me Fiodor Rilov considère lui aussi que "tous les salariés qui travaillent pour une multinationale" seront concernés par cette décision. "Dans le contexte actuel, dans le climat que nous connaissons avec la loi El Khomri, une décision qui renforce la protection des salariés serait vraiment la bienvenue."

C. B avec Benoît Ballet