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Départementales: micmac à l'UMP, pas de ni-ni dans le Gard

Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes et chef de file UMP du Gard, s'oppose au ni-ni

Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes et chef de file UMP du Gard, s'oppose au ni-ni - PASCAL GUYOT / AFP

Alors que Nicolas Sarkozy a rappelé à l'annonce des résultats que son parti n'appellerait ni à voter PS, ni à voter FN dans le cas de duels dimanche pour le second tour, dans le Gard, la droite locale tape du poing.

Le FN a confirmé dimanche dernier son implantation dans le Gard en se qualifiant pour le second tour des élections départementales dans 22 des 23 cantons. Concrètement, avec 35,54% des suffrages, le parti de Marine Le Pen arrive en tête devant l'Union de la droite (22,2 %) et le PS, (9,32%). Alors que Nicolas Sarkozy a rappelé à l'annonce des résultats que son parti n'appellerait ni à voter PS, ni à voter FN dans le cas de duels dimanche pour le second tour, la droite locale ne l'entend pas de cette oreille.

Finies les consignes parisiennes des états-majors de l’UMP: face à la poussée du FN dans le Gard, les élus UMP et UDI (réunis sous la bannière "Le bon sens gardois") ont décidé de ne pas appliquer le fameux ni-ni. Ils ont appelé ce lundi à un front républicain pour faire barrage au parti de Marine Le Pen et donc à voter PS au besoin pour éviter qu’un canton ne passe au FN.

"J'appelle à la résistance"

Une décision dictée par ce qui se passe sur le terrain explique à RMC Laurent Burgoa, maire adjoint de Nîmes : "J'appelle à la résistance. Il faut savoir dire non, même par rapport à sa formation politique". Et d'insister: "La politique du ni-ni national c'est faire un non-choix. Je crois que les Parisiens n'ont pas la connaissance du terrain que les élus de province ont". Une stratégie confirmée par Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes, et chef de file de l'UMP dans le Gard. "Les résultats qu'on a dans le département sont un peu différents de ceux que l'on peut avoir sur Paris, c'est pour cela que je prends cette décision.

Dans Bourdin Direct, il se montre offensif: "Je veux combattre le Front national. Je ne veux pas que ces gens-là viennent sur ce département décider quoique ce soit par ce qu'ils sont dangereux". Ainsi, dans le Gard, les candidats de la droite se maintiendront même en cas de triangulaire. Et ce même s’ils savent qu’ils n’ont que de très faibles chance d’être élus.

"Marre de voir que rien ne bouge"

L'initiative est simple: en restant candidats, ils occupent le terrain et espèrent éviter de voir certains électeurs de droite voter en nombre FN au second tour. A gauche, cette initiative est saluée. "Les leaders de la droite républicaine ont bien compris que leur salut était également de faire valoir leur différence sinon ils disparaitraient. Et le Front national se présenterait, comme il souhaite le faire, comme étant la nouvelle droite", assure Jean Denat, l’actuel président socialiste du conseil général du Gard.

En revanche, sur le terrain, cette stratégie ne semble pas porter ses fruits. Ainsi, à Aigues-Mortes, alors que les deux partis s'affronteront au second tour, Mireille qui a voté UMP au premier tour, votera FN au deuxième. C'est en tout cas ce qu'elle indique dans Bourdin Direct: "On en a tellement marre de voir que rien ne bouge. Il n'y a plus qu'un parti qui n'est pas passé, c'est le Front national. Alors forcément, j'ai envie de voter FN".

Maxime Ricard avec Stéphanie Collié