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Des musulmans à la messe de Grigny: "Nous devons rester unis face à la barbarie"

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A Grigny dans l'Essonne, l'Union des musulmans de la ville a appelé sa communauté à venir à la messe manifester sa solidarité.

Cinq jours après l'assassinat du père Jacques Hamel dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, musulmans et chrétiens veulent afficher leur union. Le Conseil Français du Culte Musulman demande à ses fidèles d'aller à la rencontrer des chrétiens en signe de "solidarité et compassion".

De son côté, la Conférence des évêques de France demande aux paroissiens de réserver un accueil fraternel aux musulmans se rendant dans les églises ce dimanche matin. Pour la conférence, c'est aussi l'occasion de montrer que les catholiques ne confondent pas islam et islamisme, musulman et jihadiste.

A Grigny dans l'Essonne, musulmans et chrétiens sont bien décidés à faire cause commune. A cinq minutes à pieds de la mosquée, Mathieu, sur le parvis de la paroisse estime que participer à cette messe est une évidence: "C'est comme un devoir d'être présent. Ça s'est fait naturellement, c'est comme s'il y avait un décès dans leur famille et nous en tant qu'amis, voisins, proches, on leur rend visite pour apporter notre soutien, notre réconfort pour leur montrer que ce qui a été perpétré n'est nullement quelque chose de musulman ou d'islamique. C'est au-delà même de leur dire que ce n'est pas l'islam, c'est vraiment en toute amitié, en toute fraternité, montrer que quoi qu'il arrive on garde espoir en l'être humain et en l'humanité".

"Un appel à continuer le dialogue interreligieux"

A l'intérieur, le père Jacques Beaudet se tient prêt. Son but, interpeller la communauté chrétienne: "C'est important que la communauté locale voit des musulmans qui viennent qu'il y ait cette solidarité entre croyants et entre citoyens. C'est un appel plus que jamais à continuer le dialogue interreligieux à apprendre à mieux se connaître".

Assis face à lui, Laïd Ziara, l'un des quatre imams de la ville de Grigny va prononcer quelques mots, avant le début de la messe. Il tient à le dire, c'est avant tout son coeur qui va parler: "Nous devons tout simplement rester unis contre la barbarie, contre toute personne qui essaie de diviser par quelque moyen que ce soit la communauté nationale".

Rester unis, et ne jamais cesser d'aller vers l'autre.

P.B. avec Marie Monier