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Des supporters de Chelsea sont proches de mouvements néo-nazis

Après la diffusion d'une vidéo d'un homme noir empêché de rentrer dans le métro parisien par des supporters anglais de Chelsea, le spécialiste du monde des supporters Mathieu Zagrodzki explique sur RMC que si le ménage a été fait dans les stades anglais, les problèmes demeurent lors des déplacements de supporters.

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias de France et d'Angleterre. La vidéo d'un homme noir empêché de monter dans le métro parisien par des supporters du club de football anglais de Chelsea, avant le match de Ligue des champions contre le PSG, mardi soir, a provoqué un flot d'indignation. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires en raison de la race dans un moyen de transport collectif".

Mathieu Zagrodzki, chercheur sur le droit et les institutions pénales, et observateur du monde des supporters, n'est pas étonné par le comportement de ces "supporters" de Chelsea. "Depuis des années les stades anglais ont été nettoyés et sont à peu près sûrs, il y a très peu d'incidents (...), notamment grâce aux suspensions de stade qui peuvent durer trois ans. On est dans un des environnements les plus tranquilles d'Europe. Mais ça ne veut pas dire qu'à l'extérieur des stades, c'est totalement terminé", a-t-il expliqué ce jeudi chez Jean-Jacques Bourdin. "Historiquement, il y a parmi les supporters de Chelsea un groupe radical et violent, les 'Head hunters', qui ont toujours revendiqué une appartenance à des mouvements néo-nazis".

Un numéro de téléphone sur les billets pour dénoncer le racisme

Dans leur lutte contre les comportements malveillants dans les stades, les autorités anglaises ont mis au point un nouveau dispositif : un numéro d'appel au dos des billets. "Pour les matchs internationaux au stade de Wembley, à Londres, il y a un numéro au dos de votre ticket que vous pouvez appeler si vous êtes témoins d'un comportement violent, raciste ou homophobe… Il est inscrit 'merci d'envoyer un SMS en signalant la rangée, le n° de place approximatif et une description de la personne'", détaille Mathieu Zagrodzki. "D'une certaine manière, ce sont les spectateurs qui font la police", poursuit-il.

Enfin, si "le racisme est en baisse dans les stades anglais", en revanche, "il y a régulièrement des banderoles ou des chants racistes dans des stades italiens et dans les pays de l'est", explique le chercheur. Et en France ? "Le racisme y est très sévèrement réprimé". 


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Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin.