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"Des vacanciers vont prendre des risques inconsidérés sans connaitre la montagne" craignent certains directeurs de stations

Pas de remontés mécaniques dans les stations de ski françaises. Mais avec les premières neiges arrivées ces derniers jours, certains skieurs locaux décident tout de même de profiter de la poudreuse dans la limite de 20 km grâce au ski de randonnée.

Une discipline qui permet de profiter de la glisse sans tire-fesses. Les skieurs de randonnée rejoignent les sommets avec des peaux de phoque synthétiques fixées sous les skis qui les empêchent de glisser. Une fois en haut, plus qu'à dévaler la pente.

Une pratique qui reste technique et demande une connaissance de la montagne. Alors face à l'afflux de skieurs de randonnée attendu dans les prochains jours, les stations appellent à la prudence.

La première neige est à peine tombée et déjà, la brigade de CRS Alpes de Grenoble est sollicitée. Rien de bien grave, à priori, et rien d’étonnant, non-plus, pour le brigadier-chef Forte, qui connait bien les dangers du ski de randonnée: "Le risque principal, c’est la coulée de neige, et puis, il y a le risque classique, l’entorse du genou ou la fracture des membres inférieurs. Ce sont les 2 principaux risques du ski de randonnée".

"On a envie d’aller goûter la neige"

Ce matin-là, ils sont une vingtaine à explorer le domaine de l’Alpe de Grand Serre, sur la commune de La Morte. Sébastien randonne pour la 1ère fois. Il est impatient mais il prend des précautions: "On a envie d’aller goûter la neige. J’y vais avec un ami qui en a déjà fait et on a ce qu’il faut pour être en sécurité. L’idée c’est de rentrée à la maison ce soir".

Mais pour le maire de la commune, Raymond Maslo, tous les randonneurs ne sont pas aussi prudents et il craint que leur présence massive, pour les vacances de noël, n’engorge les hôpitaux: "Les randonneurs vont prendre des risques inconsidérés sans connaitre vraiment la montagne. Ils risquent de se faire prendre dans des avalanches et de finir en réanimation, occuper les lits dont on aura besoin pour le Covid".

L’effet inverse de ce que souhaitait le gouvernement en fermant les remontées mécaniques, ajoute le maire, puisque les blessures habituelles sur les domaines skiables relèvent bien plus du traumatisme que de la réanimation.

Olivier Chantereau et Jeanne Daudet (avec C.P.)