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Dîner du Crif: "Quand on dit des âneries pareilles, il faut s'excuser"

Roger Cukierman, président du Crif, s'est partiellement excusé lundi soir

Roger Cukierman, président du Crif, s'est partiellement excusé lundi soir - ETIENNE LAURENT / POOL / AFP

Dénonçant "un mauvais procès", Roger Cukierman, le président du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, est revenu, ce lundi, au cours du 30ème dîner annuel de l'association, sur les propos controversés qu’il a tenu le matin même au sujet de Marine Le Pen et des jeunes musulmans. Des excuses jugées insuffisantes par une partie de l'assemblée.

Roger Cukierman avait allumé la mèche. A quelques heures du 30ème dîner annuel du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, son président avait, ce lundi matin sur Europe 1, tenu des propos polémiques. En évoquant le Front national et sa présidente Marine Le Pen, a parlé d'une personne "irréprochable" et d'un parti qui "ne commet pas de violences". "Toutes les violences sont commises par des jeunes musulmans, il faut dire les choses," avait-il ajouté. Deux phrases qui ont mis le feu aux poudres entraînant le boycott du dîner de la part du Conseil français du culte musulman (CFCM).

"Eviter les polémiques"

Dès lors, comme l'a constaté RMC, toute la soirée, Roger Cukierman a tenté d'expliquer ses propos, de les préciser sans jamais toutefois revenir sur ce qu'il a dit. "Je n'ai fait que mettre l'éclairage sur le fait que tous les terroristes qui ont commis des meurtres dans la période récente se réclamaient de l'islam, et que les premières victimes de ces terroristes, ce sont les musulmans", a-t-il notamment déclaré face aux 700 invités (dont François Hollande, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Laurent Fabius ou encore Nicolas Sarkozy).

Des excuses partielles jugées insuffisantes y compris chez ses proches. C'est le cas de Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France, qui estime dans Bourdin Direct: "Il faut essayer d'éviter, dans un moment difficile comme le traverse actuellement notre pays, les polémiques. Et il faut aussi essayer éviter de les alimenter."

"Nous dénonçons ses propos"

Il ajoute "En aucune façon le président du Crif, comme aucun responsable de la communauté juive, n'a voulu désigner les musulmans dans leur ensemble. Et je l'ai dit à Dalil Boubakeur et je le répète: il y a un mal dans notre pays qui s'appelle l'islam radical, dénoncé aussi par la majorité des musulmans." En revanche, du côté des représentants du CFCM, la colère demeure.

"On ne lui fait pas un procès mais nous dénonçons ses propos. C'est un dérapage voulu", affirme sur RMC Abdallah Zekri, le secrétaire général du CFCM. Avant de déclarer, toujours aussi remonté: "Il dit qu'il est prêt au dialogue mais moi je ne me mettrai pas à une table avec lui tant qu'il n'a pas présenté d'excuses, qu'il n'a pas reconnu ses torts. Quand on a le courage de dire des âneries pareilles, il faut avoir le courage de s'excuser". L'esprit du 11 janvier n'était donc bel et bien pas éternel.

M.Ricard avec Stéphanie Collié