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Disparition de Zakaria Bouali: "J'aurais préféré trouver mon fils mort"

Le sort de Zakaria Bouali a été évoqué avec Bernard Cazeneuve lors de sa dernière visite à Marseille

Le sort de Zakaria Bouali a été évoqué avec Bernard Cazeneuve lors de sa dernière visite à Marseille - LIONEL BONAVENTURE / AFP

TEMOIGNAGE - A Marseille, dans le quartier de La Castellane, Zakaria Bouali, 24 ans, était connu pour être l'un des dealers de la cité. Mais depuis le mois de juillet 2014, le jeune homme est porté disparu: il n'a plus donné signe de vie et son corps n'a jamais été retrouvé. Mais, comme elle le dit ce mardi sur RMC, sa mère, Cherifa, n'a plus d'espoir de retrouver son fils vivant.

Mystère. Depuis près d'un an, les proches de Zakaria Bouali n'ont plus de nouvelles de sa part. Onze mois à se demander où il allait et ce qu’il allait faire en ce 8 juillet 2014 lorsqu'il a quitté le domicile familial de la cité de La Castellane, à Marseille. Depuis, personne n’a plus vu le jeune homme âgé de 24 ans. Connu pour être l'un des dealers du quartier, Zakaria n’a en effet depuis plus donné aucun signe de vie et son corps n’a pas non plus été retrouvé. Est-ce un règlement de compte sur fond de trafic de drogue? C'est en tout cas ce que pense Cherifa Bouali, la mère de Zakaria.

Si aujourd'hui, elle assure ne plus avoir d'espoir de revoir son fils vivant, elle souhaite toutefois que son corps soit retrouvé pour enfin pouvoir faire son deuil. "J'aurais préféré le trouver mort… Ne pas rester dans le doute… Parce que je sais qu'ils l'ont tué", lâche-t-elle, remontée, sur RMC. "Je sens qu'ils l'ont soit jeté du haut d'une falaise, soit enterré. Ça fait un an que je ne dors pas, un an que je cherche par tous les moyens. J'ai fait un vrai travail de détective. J'ai fouillé de partout: dans les buissons, les maisons abandonnées, les égouts… Je n'arrête pas mais je ne peux pas faire le travail de la police", ajoute-t-elle, avec dépit.

Pas un cas isolé

Cherifa insiste: elle ne demande qu'à retrouver le corps de Zakaria. C'est pourquoi elle fait la requête suivante: "Si vous savez quelque chose, sur un bout de papier, dans ma boîte aux lettres, vous écrivez 'Le corps de votre fils se trouve ici'. C'est tout. Je ne demande que ça… Ce n'est pas grand-chose… Je veux juste le corps de mon fils pour faire mon deuil". Des disparus comme Zakaria Bouali, Marseille en compterait une quinzaine ces cinq dernières années.

Mais ces disparitions ne sont pas prises en compte dans les statistiques des règlements de compte comme l’observe Henri Jibrayel, député socialiste des quartiers nord de la ville: "On oublie assez souvent de parler de ces jeunes qui disparaissent. Où sont-ils? Que sont-ils devenus? Autant de questions qu'il faut se poser". Il poursuit: "J'ai interpellé le gouvernement et le préfet à ce sujet. Mais bon, ce n'est pas simple". Si des enquêtes sur ces disparitions sont en cours dans différents services de police et de gendarmerie, il est à noter que très peu aboutissent

Maxime Ricard avec Lionel Dian