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Don de moelle osseuse: "Deux jours de votre vie pour en sauver une"

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- - AFP

A l'occasion de la 11eme semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse qui débute ce lundi, l'Agence de la biomédecine attire l'attention sur le manque d'hommes sur le registre des donneurs.

Ce lundi débute la 11ème édition de la semaine de mobilisation pour le don de moelle osseuse. Cette année, l'accent est mis sur l'inscription des hommes. En effet, selon l'Agence de biomédecine, sur les 210.000 personnes inscrites dans les registres de donneurs, seulement le tiers (34%) sont des hommes. Et selon une étude TNS Sofres pour l’Agence de biomédecine, six hommes sur 10 croient, à tort, que le prélèvement des cellules de la moelle osseuse se fait dans la colonne vertébrale.

"Aucun n'était compatible"

Conséquences négatives de cette idée fausse: près d’un tiers des hommes de 18-24 ans craignent que le don soit "douloureux" et "risqué". Pourtant le don de moelle osseuse est important car il permet de traiter de graves maladies du sang. Il a notamment permis de sauver, il y a dix ans, Jean-Noël, père de trois enfants et atteint d'une leucémie. "Dans un premier temps, on m'a dit qu'il y avait 220 donneurs potentiels, se souvient-il. Je me suis donc dit, au début, que ça allait être simple mais finalement cela s'est avéré plus compliqué car sur les 220 donneurs, aucun n'était compatible".

Car, en dehors de la famille, les chances de compatibilité sont très minces: en moyenne, une sur un million. Dans le cas de Jean-Noël, après plusieurs semaines de crainte, un donneur est enfin trouvé. "Il avait 20 ans. Je lui dois la vie", témoigne avec émotion cet ancien patient. Mais Jean-Noël a été chanceux puisque les donneurs hommes ne représentent qu'un tiers des inscrits en France. Pourtant, leur participation est essentielle comme le confie le Dr Evelyne Marry, qui dirige le registre des dons de moelle osseuse à l'Agence de biomédecine.

"Je n'ai rien senti"

"Par rapport aux femmes, ils ont un petit avantage: ils n'ont pas les anticorps développés naturellement pendant les grossesses. Cette absence facilite la gestion de la greffe pour les patients", explique-t-elle. A noter, qu'au total l'an dernier plus de 1.000 personnes ont bénéficié d'un don anonyme de moelle osseuse. Des donneurs comme Nicolas qui s'est inscrit en 2007 et a été prélevé l'année suivante. "Quand j'en parlais autour de moi, tout le monde pensait à la moelle épinière et se disait que ça allait être dangereux pour ma santé", confie-t-il.

Et de détailler: "Avant de nous prélever, on nous endort, on est dans les vapes… Franchement, je n'ai rien senti, même deux-trois jours après". C'est pourquoi, aujourd'hui Nicolas pousse les gens "à aller s'inscrire": "Ça prend deux minutes et ensuite deux jours de votre vie pour en sauver une. C'est vraiment une bonne expérience".

Deux modes de prélèvement

Le prélèvement de moelle osseuse intra-osseux permet d’obtenir à la fois des cellules souches hématopoïétiques et leur milieu environnant. Le prélèvement par aphérèse permet de ne recueillir que les cellules souches hématopoïétiques en grande quantité. C’est le médecin qui dans l’intérêt du malade propose le recueil le plus approprié.

1. Prélèvement par aphérèse

Le donneur reçoit au préalable pendant quelques jours, par injection sous-cutanée, un médicament. Celui-ci est identique à ce qui est fabriqué naturellement par le corps pour réguler le taux de cellules de la moelle osseuse. Il stimule leur production et les fait passer des os vers le sang où elles seront récupérées. Un à deux prélèvements (d’une durée de 4 h environ) sont nécessaires. Le prélèvement par aphérèse permet de recueillir les cellules souches hématopoïétiques en grande quantité.

2. Prélèvement par ponction dans les os postérieurs du bassin

Cet acte simple nécessite 48 h d’hospitalisation, il se déroule en bloc opératoire sous anesthésie générale et ne comporte aucun risque de paralysie. Le volume prélevé est calculé en fonction du poids du donneur et de celui du malade. Le prélèvement de moelle osseuse intra-osseux permet de recueillir à la fois des cellules souches hématopoïétiques et leur milieu environnant. C’est le médecin greffeur qui décide du mode de prélèvement le plus approprié pour le malade. On ne peut donc pas choisir son mode de prélèvement.

NB: Ces informations sont issues du site www.dondemoelleosseuse.fr

Maxime Ricard avec Romain Cluzel