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Douceur: "Malgré les dons, on n'arrive pas à tout écouler", déplore un producteur de mâche

TEMOIGNAGE – La vague de douceur qui envahit le pays depuis quelques semaines déboussole un peu la nature, et désole les jardiniers, maraîchers et pêcheurs. RMC a rencontré Samuel Praud, l'un des responsables de la coopérative du Val Nantais. Le maraîcher a dû jeter 50% de sa production de mâche.

C'est le premier jour de l'hiver ce mardi, mais cela ne voit pas. Selon les prévisions à long terme de La Chaîne météo, il faut s'attendre à une fin d'année douce avec des températures au-dessus des normales saisonnières. Cette vague de douceur qui envahit le pays depuis quelques semaines fait le bonheur de nombreux Français, mais elle déboussole un peu la nature, et désole les jardiniers, maraîchers et pêcheurs.

C'est le cas à Saint-Julien de Concelles, près de Nantes (Loire-Atlantique), où se produit 90% de la mâche consommée en France. La température n'est pas descendue en dessous des 10° l'après-midi en décembre. Du coup, cette petite salade d'hiver a poussé trop vite et les quelques 150 maraîchers des alentours sont obligés de détruire plus de 50% de leur production. Les prix, eux, ont baissé de 30% en moyenne.

"On n'arrive pas à tout écouler"

RMC a rencontré Samuel Praud, l'un des responsables de la coopérative du Val Nantais. Le maraîcher a dû jeter 50% de sa production

"On est devant une problématique de météo et on n'y peut rien", souligne-t-il au micro de RMC. "C'est de la végétation qui s'emballe et effectivement, on a des volumes qui sont importants pour la période. Alors on donne à des associations, mais malgré les dons que l'on fait, malgré les prix qui sont en baisse, malgré les promotions pour accélérer les ventes, on n'arrive pas à tout écouler".

40% de chiffre d'affaires en moins 

En tout, Samuel Praud a perdu près de 40% de son chiffre d’affaires sur le mois de décembre, car les légumes d’hiver ne se vendent pas assez bien.

"Tous les légumes type hiver sont en crise: la carotte, le poireau, les choux ", se désole-t-il. "Le chou-fleur est en crise depuis deux mois, aussi. Les légumes pot-au-feu, que l'on consomme avec le froid… On voit bien que tout est au ralenti au niveau de la consommation. Parce que les gens se tournent vers des produits plus légers, type crudités".

La première vague de froid n’est pas attendue avant mi-janvier dans la région nantaise.

C. P. avec Amandine Dubiez