RMC

DSK en opération reconquête à Paris

Entre obligations internationales et avenir national, Dominique Strauss-Kahn entame vendredi un long séjour en France ponctué d'interventions visant à rétablir un dialogue direct avec les Français. /Photo prise le 1er février 2011/REUTERS/Edgar Su

Entre obligations internationales et avenir national, Dominique Strauss-Kahn entame vendredi un long séjour en France ponctué d'interventions visant à rétablir un dialogue direct avec les Français. /Photo prise le 1er février 2011/REUTERS/Edgar Su - -

par Laure Bretton PARIS (Reuters) - Entre obligations internationales et avenir national, Dominique Strauss-Kahn entame vendredi un long séjour en...

par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Entre obligations internationales et avenir national, Dominique Strauss-Kahn entame vendredi un long séjour en France ponctué d'interventions visant à rétablir un dialogue direct avec les Français.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), à Paris pour les besoins du G20 Finances présidé par la France, sera pendant trois jours sous l'oeil de centaines de caméras et de journalistes, à l'affut des moindres faits et gestes du candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2012.

A l'heure où les attaques de la droite se précisent et où les sondages brillent un peu moins pour lui, l'ancien ministre socialiste de l'Economie a choisi de s'exprimer au journal télévisé de France 2 dimanche et de répondre aux questions des lecteurs du quotidien Le Parisien - un choix de deux médias grand public qui ne doit rien au hasard.

Il va montrer qu'il est "totalement français et totalement à sa tâche", explique François Kalfon, un proche de Dominique Strauss-Kahn qui dément toute nervosité.

"On ne répond pas à l'agitation du microcosme. Sérénité et proximité sont les deux mots clés" de cette séquence, assure le secrétaire national du Parti socialiste.

A la direction du PS, certains pensent au contraire que l'affolement gagne les partisans de l'homme de Washington.

"Vous avez déjà vu un directeur du FMI parler de régulation financière dans les chaumières françaises avant le film du dimanche soir ?", demande un dirigeant, sûr de la "distillation à forte teneur présidentielle" des messages que le patron du FMI va délivrer tout au long du week-end.

RÉPÉTITION GÉNÉRALE

Les proches de Dominique Strauss-Kahn n'ont pas réussi à retarder le début des hostilités au PS.

Ils voulaient que les candidats à la primaire présidentielle se déclarent après l'été, ce qui offrait un trois mois de réflexion de plus à leur champion, mais le calendrier officiel a fixé le dépôt des candidatures au plus tard au 13 juillet.

Le casse-tête consiste désormais à trouver le bon timing pour annoncer, le cas échéant, son départ du FMI. Après les réunions du printemps de l'institution, les 16 et 17 avril à Washington, ou après la réunion du G8 à Deauville, fin mai ?

Il ne peut pas "sortir du bois" avant, assure Marie-Noëlle Lienemann. "Vous le voyez dire : 'Salut, je vais m'occuper de ma petite carrière personnelle, je vous laisse avec les problèmes du monde?'", demande l'ancienne ministre.

A-t-il seulement pris la décision de se présenter? "Je ne crois pas mais je dirais comme Laurent Fabius que ça chemine", répond un lieutenant, contraint comme tout le monde d'étudier les euphémismes, litotes et autres circonlocutions.

Une petite phrase d'Anne Sinclair a semé le trouble.

En confiant qu'elle ne souhaitait pas que son époux brigue un autre mandat au FMI, la journaliste a relancé l'idée d'un retour en France, permis à la droite de tester ses angles d'attaque et contraint les socialistes à serrer les rangs.

"IL N'A PAS LA NIAQUE"

L'UMP a reproché son train de vie à l'ancien ministre de l'Economie, symbole de la "gauche ultra-caviar", et sa personnalité "loin de l'image de la France".

Montrant leurs muscles à leur tour, les lieutenants de Dominique Strauss-Kahn ont crié à l'antisémitisme, dressant un parallèle avec les attaques des années 30 contre Léon Blum.

Cette polémique lancée par la droite a des "relents très moisis", a renchéri dans leur sillage le porte-parole du PS, Benoît Hamon, pourtant peu favorable à Dominique Strauss-Kahn.

Crise internationale oblige, Christine Lagarde et François Baroin ont eux plaidé pour que Dominique Strauss-Kahn termine son mandat au FMI, jusqu'en novembre 2012, une manière de lui demander de passer son tour pour la présidentielle.

Dernier argument: l'homme de Washington, à qui colle une image de dilettante, aimerait bien être président mais pas candidat. "Il n'a pas la niaque", commentait lundi le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier.

Une "vaste blague", réplique un député qui lui est proche, rappelant l'agenda et les responsabilités "stratosphériques" du chef du FMI depuis la crise de 2008. "S'ils n'ont plus que l'excuse du feu sacré à nous servir, on devrait s'en sortir".

Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

REUTERS