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Duel incertain FN-PS dans un canton clef de Marseille

Les candidats du Front national seront présents dimanche dans les 11 cantons renouvelables de Marseille, avec de réelles chances de succès à la Capelette, un secteur où le Parti socialiste est à la peine. /Photo prise le 20 mars 2011/REUTERS/Vincent Kessl

Les candidats du Front national seront présents dimanche dans les 11 cantons renouvelables de Marseille, avec de réelles chances de succès à la Capelette, un secteur où le Parti socialiste est à la peine. /Photo prise le 20 mars 2011/REUTERS/Vincent Kessl - -

Les candidats du Front national seront présents dimanche dans les 11 cantons renouvelables de Marseille, avec de réelles chances de succès à la Capelette, un secteur où le Parti socialiste est à la peine.

Le représentant du FN, Laurent Comas, y a en effet réalisé l'un de ses meilleurs scores nationaux au premier tour avec 37,58%, devançant largement son adversaire socialiste, la vice-présidente du conseil général Janine Ecochard (26,04%).

"C'est un score terrible pour les socialistes dont le système gangrène, depuis plus d'une décennie, la vie de nos quartiers", affirme le candidat FN de 37 ans, dont la campagne musclée est axée sur l'insécurité et la "mafia socialiste".

Le secrétaire départemental du FN écume ainsi les parkings des grandes surfaces du canton en pleine mutation, à la rencontre de ces "classes moyennes" qui ont supplanté la classe ouvrière dans ces quartiers traditionnellement ancrés à gauche.

Candidate élue dans le secteur depuis 1998, Janine Ecochard privilégie pour sa part le porte-à-porte dans les cités populaires à la recherche des abstentionnistes du premier tour.

"Les abstentionnistes sont l'une des clefs de ce scrutin. Leur absence marquée au premier tour a fait mécaniquement monter les extrêmes", explique l'ancienne députée de la circonscription, entre 1988 et 1997.

Dans ce canton de 40.000 habitants répartis sur environ cinq kilomètres carrés à l'est de Marseille, le vote UMP a pesé 17,8% au premier tour. Il est l'objet de toutes les convoitises.

AU PRIX FORT

"On n'est pas propriétaire de ses voix, les électeurs sont souvent plus responsables que certains de leurs représentants", veut croire Janine Ecochard, stigmatisant la "frilosité" des dirigeants de l'UMP face au "pacte républicain" qu'elle propose.

Les sympathisants de l'UMP sont aussi devenus une cible de choix pour son adversaire qui souhaite réaliser, sur le terrain, cette "alliance naturelle des droites" repoussée officiellement par les états-majors.

"La plupart voteront pour nous. La révolution Marine leur permet aujourd'hui de franchir le pas sans être diabolisés", pronostique Laurent Comas, par allusion à la percée dans les sondages de la nouvelle présidente du FN, Marine Le Pen.

La candidate de gauche préfère croire au "réveil des consciences", notamment chez les électeurs de gauche échaudés par les vives critiques internes au PS sur le fonctionnement de la fédération des Bouches-du-Rhône que dirige Jean-Noël Guérini.

"Il y en a qui l'ont payé au prix fort au premier tour. C'est l'un des éléments qui a fait qu'un certain nombre d'électeurs de gauche ne sont pas allés voter", estime-t-elle.

Deux conseillers socialistes sortants ont été écartés sans ménagement par les électeurs dimanche à Marseille.

"Mais ces électeurs n'ont plus le choix. Il y a, certes, des réflexions à mener à la fédération, des modifications à faire, mais cela ne doit pas entrer en ligne de compte devant le danger de voir élu un candidat du Front National", ajoute la candidate.

LE FN PRÉSENT PARTOUT À MARSEILLE

Le FN a obtenu plus de 30% des voix dans la deuxième ville de France lors du premier tour des cantonales et sera présent au second tour dans tous ses cantons, dimanche prochain.

Dans les Bouches-du-Rhône, le parti de Marine Le Pen sera présent au second tour dans 26 des 29 cantons renouvelables. A Marseille, il est le seul à se maintenir dans les 11 cantons, flirtant avec ses scores historiques du milieu des années 1980.

Il sera en situation de duel à Marseille six fois contre un candidat socialiste et cinq fois contre un UMP.

"Je ne peux pas me réjouir de voir le Front national dépasser les 30% dans ma ville, même si l'ampleur de l'abstention ne permet pas de tirer de véritables enseignements de ce scrutin", a dit le maire UMP Jean-Claude Gaudin, qui prône un "sursaut autour des valeurs de la République" au second tour.

Seul candidat à ce jour à sa propre réélection à la tête de l'exécutif départemental, le PS Jean-Noël Guérini a appelé "l'ensemble des républicains à faire barrage au Front national".

Le FN espère pour sa part conforter au second tour la "vague bleu Marine" dans une cité qui lui a offert, en 1985, le premier conseiller général élu sous ses couleurs.

REUTERS