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Duflot : « Il faut une police républicaine, pas des cow-boys casqués »

Cécile Duflot, invitée de Jean-Jacques Bourdin ce lundi à 8h35.

Cécile Duflot, invitée de Jean-Jacques Bourdin ce lundi à 8h35. - -

La secrétaire nationale des Verts dévoile la réflexion politique de son parti en matière de sécurité. Elle parle de pragmatisme et non d'angélisme.

Deux jours après la clôture des universités d'été des Verts et d'Europe Ecologie, qui ont scellé l'alliance entre les deux mouvements en vue de la présidentielle de 2012, Cécile Duflot se positionne dans le duo de tête, aux côtés d'Eva Joly. Que ferait un écologiste au ministère de l’Intérieur ?

« L’écologie politique doit pouvoir se penser au cœur du pouvoir, des responsabilités, y compris dans les fonctions qui sont gérées par le ministère de l’Intérieur. Sur les questions de sécurité, il faut avoir le courage de dire les choses franchement. Quand on avait un discours en rupture avec la dérive sécuritaire, on disait angélisme… Non, il faut dire pragmatisme. Si on n’est pas appuyé sur 4 piliers : la prévention, ensuite la dissuasion, puis la sanction et la réinsertion, ça ne fonctionne pas. Ce que le gouvernement a trouvé, ce sont les peines planchers et la comparution immédiate. La machine à incarcérer dans des conditions désastreuses, ça fait des gens qui ressortent dans des situations plus violentes encore.»

Il y a des quartiers « de relégation »
« Il faut donner les moyens à la police de travailler au cœur des quartiers, de la cité. Vous voulez que je vous dise : depuis 2007, il y’a eu environ moins 10 000 policiers et gendarmes dans notre pays ! Voilà la politique de sécurité du gouvernement. Le transfert de la sécurité publique vers le privé, ça ne fonctionne pas ! Il faut une vraie police républicaine, qui a les moyens de travailler dans la durée, à qui on ne demande pas de faire les cow–boys casqués et cagoulés dans les cités, une fois de temps en temps. Ça c’est irrespectueux vis–à–vis des populations et vis–à–vis des policiers en place aujourd’hui, dans des conditions infernales. Pour que les choses se passent bien, il faut que contact existe et que les gens aient le sentiment que la police fait le même travail dans ces quartiers là, qu’à Neuilly ou dans le 16e arrondissement de Paris. Aujourd’hui, personne n’a ce sentiment là. On a le sentiment qu’il y a des quartiers de relégation, mal traités… ça crée de la violence.»

« Il faut des systèmes de médiation »
Il faut aussi des moyens pour la justice fasse son travail correctement. Aujourd’hui, on fait une justice d’abattage, on considère qu’il faut mettre le plus possible de gens en prison… dans des conditions désastreuses. Ils sortent dans un état de tension et de violence encore plus grand. Ce n’est bon pour personne. Quand il y a des petits actes de violence au quotidien, que les gens portent plainte, et où la procédure dure un an, deux ans… il vaut mieux mettre en place des systèmes de médiation, au plus près des problèmes, comme les querelles de voisinage, on évite la dégradation de la situation.»

Pour retrouver l'intégralité du podcast de Cécile Duflot chez Jean-Jacques Bourdin, cliquez ici.

bourdinandco