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Dunkerque: "veuve de l'amiante, j'en veux à ceux qui ont empoisonné mon mari"

Les veuves et victimes de l'amiante organisent une marche autour du Palais de justice ce mardi à Dunkerque. Elles réclament un procès pénal, 20 ans après que les premières plaintes ont été déposées.

Les veuves et victimes de l'amiante marcheront autour du Palais de justice de Dunkerque ce matin. Ce sera la 22e marche en 23 ans. Elles réclament un procès pénal et demandent à ce que leurs "empoisonneurs soient jugés sans délai".

À Dunkerque, sur les chantiers navals ou ailleurs, beaucoup de travailleurs ont été en contact avec l’amiante. Au total, 670 veuves de l'amiante à Dunkerque sont membres de l'association régionale de défense des victimes de l’amiante (Ardéva) Nord-Pas-de-Calais, qui organise la marche.

RMC a rencontré Rosalba dont le mari est mort de l'amiante à 58 ans. Chef d'atelier, Jean a passé 42 ans dans une entreprise de chantier naval. Il a pris sa retraite en 2004. Quelques mois plus tard, il s'aperçoit qu'il souffre de lésions pulmonaires. Il décèdera en 2007.

Dix ans après le décès de son mari, Rosalba est encore très émue et très en colère: "Je n'arrive toujours pas à me consoler. J'en veux beaucoup à ceux qui l'ont empoisonné et je veux un procès pénal. Ces gens-là n'ont pas eu pitié. Je veux qu'il soit vengé".

"Un permis de tuer en toute impunité"

Pierre Pluta, le président de l’association de défense de victimes, estime que ce procès sera aussi nécessaire pour l'avenir: "Tant que les responsables de ces catastrophes n'auront pas rendu de comptes à la justice, c'est un permis de tuer en toute impunité qui leur est délivré. Et on a des exemples aujourd'hui avec d'autres polluants, comme les pesticides".

En France, 45.000 personnes sont mortes de l’amiante depuis 2004. Dans la région, les cas de cancers liés à l’amiante sont 269 fois plus importants que la moyenne nationale.

P.B. avec Lionel Top