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Ebola: "Je ne travaille pas à Air France pour mettre ma santé en péril!"

Une pétition circule, parmi le personnel d'Air France, pour demander à la direction de cesser les liaisons avec les pays touchés par Ebola. (Photo d'illustration)

Une pétition circule, parmi le personnel d'Air France, pour demander à la direction de cesser les liaisons avec les pays touchés par Ebola. (Photo d'illustration) - Reuters

TEMOIGNAGES RMC - Ces derniers jours, des hôtesses et des stewards d'Air France ont refusé d'embarquer pour la Guinée ou la Sierra Leone: ils craignent pour leur vie! RMC leur a tendu le micro à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Le virus Ebola a déjà fait plus de 1.200 victimes en Afrique de l’Ouest. Le personnel naviguant d'Air France, qui continue à desservir la région, est terrorisé. Ces derniers jours, des hôtesses et des stewards d'Air France ont refusé d'embarquer pour la Guinée ou la Sierra Leone: ils craignent pour leur vie! Une pétition circule même pour demander à la direction de cesser les liaisons avec les pays touchés par le virus.

"La direction minimise (le) problème"

Alain est steward depuis 25 ans. Pour lui, c’est clair: pas question d’embarquer pour la Guinée ou le Liberia. "Je ne travaille pas à Air France pour mettre ma santé en péril! Il semblerait que ce virus se transmet très facilement, explique-t-il au micro de RMC. On n’est jamais complètement à l’abri".

Deux compagnies concurrentes, British Airways et Emirates, ont déjà cessé leurs vols dans la région. Ce qui n’est pas pour rassurer Alain. "On pourrait être tenté de croire que la direction minimise un problème qui est peut être grave qu’on ne veut bien le dire dans les locaux d’Air France, et au sein de la compagnie", s'agace-t-il.

Aucune protection

Une crainte relayée par le syndicat national du groupe Air France. Un cas d’Ebola pourrait se déclarer dans un avion, et selon le délégué Patrick Henri-Haye, le personnel n’est pas formé. "Nous n’avons ni combinaison, ni scaphandre… Nous n’avons rien du tout, s’alarme-t-il. Nous avons un masque, éventuellement des gants. Mais à l’intérieur, tout le monde peut être potentiellement contaminé, si c’est un cas avéré!"

Mais pour Air France, le risque de faire monter un passager malade est très faible. Vincent Feuillie est médecin pour la compagnie. Il rappelle les précautions prises avant l’embarquement: "Les autorités sanitaires des pays ont mis en place un contrôle sanitaire, avec prise de température, questionnaire, voir si la personne est fébrile, présente des symptômes, a été en contact avec la population... Et les passagers ne peuvent récupérer leur carte d’embarquement que s’ils ont remis ce questionnaire avec la prise de température". Des mesures qui peinent à convaincre. En trois jours, la pétition demandant la suspension des vols a recueilli plus de sept cents signatures. 

C. P. avec David Buron