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Ebola: "Nous avons tous sous-estimé l'importance de l'épidémie", dit Médecins sans frontières

Jean-Hervé Bradol, directeur d’études à Médecins Sans Frontières, ce jeudi chez Jean-Jacques Bourdin.

Jean-Hervé Bradol, directeur d’études à Médecins Sans Frontières, ce jeudi chez Jean-Jacques Bourdin. - RMC Découverte

Selon Médecins sans frontières, le monde est en train de "perdre la bataille" contre le virus Ebola, qui a fait au moins 1.900 morts. Des chiffres "sous-estimé", selon le directeur d’études à MSF, invité ce jeudi de Jean-Jacques Bourdin.

La France envoie ce jeudi en Guinée des renforts sanitaires pour aider à lutter contre l'épidémie d'Ebola. Quatre médecins et un logisticien, qui vont soutenir les autorités sanitaire sur place. " C'est déjà ça, mais c'est peu", a réagi Jean-Hervé Bradol, directeur d’études à Médecins Sans Frontières, ce jeudi chez Jean-Jacques Bourdin. Selon Médecins sans frontières, le monde est en train de "perdre la bataille" contre "la pire épidémie d'Ebola de l'histoire". Selon l'ONG, l’urgence de l’épidémie "n'a pas donné lieu à une réponse significative. Les États ont rallié une sorte de coalition mondiale de l'inaction". Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus a tué 1.900 personnes, et contaminé 3.500 autres.

"Le système de santé s'effondre"

"Des chiffres sous-estimés" a estimé Jean-Hervé Bradol. "L’épidémie s’étend en nombre de cas, en nombre de morts, en nombre de pays touchés", détaille-t-il. "Et maintenant le système de santé local s’effondre à cause des menaces de transmissions". "Les États, l'OMS et Médecins sans frontières ont sous-estimé l'importance de cette épidémie-là, car elle est inédite", a-t-il reconnu. Selon lui, il faut des moyens supplémentaires, que les pays riches (Europe, États-Unis, Japon) prennent la mesure de la gravité de la situation et envoient du matériel et des équipes sur place.

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin