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Ebola: psychose dans une école de Boulogne-Billancourt

"Par peur d'Ebola, j'ai préféré ne pas mettre (mon fils) à l'école, car je préfère prévenir que guérir", explique sur RMC Marie-Camille.

"Par peur d'Ebola, j'ai préféré ne pas mettre (mon fils) à l'école, car je préfère prévenir que guérir", explique sur RMC Marie-Camille. - AFP

Le retour en classe d'un enfant revenu de Guinée, pays touché par l'épidémie d'Ebola, provoque la psychose dans une école primaire de Boulogne-Billancourt, près de Paris. Des parents refusent de scolariser leur enfant, les autres font part de leur inquiétude. Sans raison, explique sur RMC un épidémiologiste.

Si pour l'heure personne n'a contracté le virus Ebola en France, cela n'empêche pas la psychose de s'installer. Dans une école de Boulogne-Billancourt, dans la région parisienne, trois parents refusent de mettre leur enfant à l’école "Ancienne Mairie" en raison de la présence d’un garçon en classe de CE2 de retour de Guinée, l’un des quatre pays touchés par le virus.

"Je préfère prévenir que guérir"

Frédérique ne veut pas que sa fille aille à l'école tant qu'il y a un risque de contamination.

"On ne remet pas des enfants qui reviennent de Guinée directement en contact dans un groupe scolaire où il y a 300 enfants, ça me paraît du bon sens, s'insurge-t-elle sur RMC.

"Il aurait fallu attendre que la période d'incubation de 21 jours soit passée. C’est-à-dire qu'on arrive au 16 octobre. A cette date il n'y aurait plus de suspicion". "J'ai préféré pas mettre (mon fils) à l'école, car je préfère prévenir que guérir", explique également Marie-Camille. "Mon fils a joué vendredi au foot avec le garçon revenu de Guinée. Pour l'instant rien n'est déclaré, mais il y a toujours un point d'interrogation". Lucie, elle, a amené sa fille à l'école, comme d'habitude, mais elle le regrette. " Qu'est-ce qui dit que ma fille ne va pas attraper le virus ? Si j'avais su je ne l'aurais pas amenée".

"Très peu de chances de contamination"

Par mesure de précaution, l'école applique tout de même les recommandations du ministère de la Santé: tous les jours, une infirmière contrôle la température des enfants, avec un pistolet thermomètre frontal.

Pour l'épidémiologiste Sylvain Baize, cette "psychose" n'est de toute façon absolument pas justifiée: "Il ne faut pas stigmatiser les enfants ni faire une psychose par rapport à ça. La contamination est vraiment maximale quand les personnes vomissent, ou qu'ils ont la diarrhée ou qu'ils saignent. Une personne qui est en début de phase de la maladie, le premier jour, avec l'apparition de la fièvre dans les premières heures, la personne est très peu contagieuse, donc il n'y aurait pas de risque de transmission à d'autres enfants. Donc il ne faut pas stigmatiser les enfants qui rentrent des pays touchés et qui se portent bien".


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Philippe Gril avec Romain Poisot.