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Alexandre, banquier, ulcéré par les attaques contre sa profession: "on nous dépeint comme des voyous"

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La profession bancaire s'indigne des propos portés contre elle par Gilbert Collard, soutien de Marine Le Pen. Elle-même pas tendre contre les banquiers depuis le début de sa campagne. Alexandre, conseiller clientèle dans une grande banque, ne décolère pas contre des propos qui jettent, selon lui, l'opprobre sur une profession. Il s'explique pour RMC.fr.

Alexandre, banquier pour une grande banque, en Charente. Il ne digère pas les propos de Gilbert Collard contre les banquiers. Mais aussi les attaques indirectes de Marine Le Pen contre sa profession.

"C'est vrai que la parole politique est plus dure envers les banquiers, mais je ne ressens pas au quotidien un changement dans le regard des clients à notre égard. Il y a une dé-corrélation entre l'imaginaire collectif sur le banquier – le voyou, le voleur –, et la relation réelle que l'on a avec nos clients. On n'est pas là pour assommer les gens. Au contraire, au quotidien je suis là pour trouver des solutions, avancer, financer des projets. On a des relations plutôt optimistes avec les clients alors qu'on dépeint une relation pessimiste.

"Les conflits avec les clients sont rares"

On n'est pas dans des relations conflictuelles. Les conflits sont rares, ça arrive dans des cas de figure avec des clients en situation financière fragile. Mais le ressenti négatif n'est pas toujours contre le banquier, il l'est contre les accidents de la vie. En général les clients sont plutôt compréhensifs à l'égard du banquier qu'ils ont face à eux. Bon, ça arrive d'avoir, à la marge, des clients mécontents qui n'hésitent pas à nous le faire savoir. Mais on est rarement confrontés à des situations conflictuelles intenses.

"Inadmissible de cliver les gens comme ça"

Mais quand on se présente à la fonction suprême, il est inadmissible de cliver les gens comme ça. Le pompon, c'est Gilbert Collard et ses propos. On ne peut pas insulter comme ça toute une profession qui, dans son ensemble, fait bien son travail. Si le banquier de marché a pu avoir un rôle dans la crise financière de 2008, il faut faire la différence avec le banquier traditionnel qui est dans sa petite agence et qui finance les particuliers, les professionnels et les entreprises. On nous colle sur le dos une étiquette injustifiée. Les propos de M. Collard visent à dresser les gens les uns contre les autres. Dans une campagne présidentielle, on doit rassembler les Français plutôt que de les cliver."

Quand Marine Le Pen et Gilbert Collard s'en prennent aux banquiers

Marine Le Pen: "Emmanuel Macron est un banquier d’affaires. Il a le caractère pour cela, l’insensibilité qu’il faut à ce métier. Cette capacité à prendre des décisions dans le seul objectif du profit, de l’accumulation d’argent, sans aucune préoccupation pour les conséquences humaines de ses décisions".

Gilbert Collard: "Les ouvriers ne sont pas des putes comme les banquiers". "Si on est maintenant dans une époque où on fait confiance aux banquiers, alors tout est possible. On peut aussi confier un pensionnat de jeunes filles à un violeur".

Propos recueillis par Philippe Gril