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Emmanuel Macron, attendu de pied ferme par les grévistes de Whirlpool à Amiens, sa ville natale

Si le déplacement n'est pas officiellement inscrit à son agenda, le candidat d'En Marche! pourrait venir mercredi apporter son soutien aux salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens, sa ville natale, en instance de délocalisation. Les grévistes rencontrés par RMC préviennent: l'accueil ne sera pas cordial.

En 2007, c'était les Conti. En 2012, les Goodyear. En 2017, ce sont les Whirlpool. Depuis lundi matin, une soixantaine de salariés de l'usine d'Amiens (Somme) bloquent l'entrée du site et une partie de la production. Les piquets de grève, de jour comme de nuit, doivent rester jusqu'à mercredi au moins. Il y a trois mois, la direction du groupe d'électroménager annonçait la délocalisation de sa production de sèche-linge en Pologne, menaçant l'emploi des 290 salariés de l'usine.

"Ça ne passe pas"

Amiens, c'est la ville natale d'Emmanuel Macron. Le finaliste de la présidentielle avait promis la semaine dernière de venir soutenir les salariés de Whirlpool. Si son agenda ne mentionne pas de rencontre avec les grévistes, le candidat d'En Marche ! doit se rendre dans la Somme, ce mercredi, avant un meeting à Arras.

Les grévistes, eux, l'attendent de pied ferme. Et si Emmanuel Macron se décide à venir, c'est d'abord à de la détresse qu'il sera confronté. Celle d'Hervé, 38ans d'entreprise, abasourdi par l'annonce de la délocalisation. "J'ai mal, ça ne passe pas. J'ai toujours travaillé chez Whirlpool. Je suis suivi par un psy, je suis sous antidépresseurs."

"Il n'est pas à l'abri de quelques sifflets"

Tout enfant du pays qu'il est, l'accueil ne sera pas cordial vis-à-vis d'Emmanuel Macron. "Il n'est pas à l'abri de quelques sifflets", anticipe Patrice, qui dénonce une visite trop tardive. "Sa belle-sœur vit ici, à trois kilomètres de l'usine, et lui il est à 80 km d'ici, au Touquet. C'est l'enfant du pays. Il se dit, on a passé le premier tour, allons voir les Whirlpool. Pour moi, c'est de la récupération".

"Son soutien on aurait aimé l'avoir dès le départ, poursuit Frédéric Chanterelle, délégué CFDT. On a l'impression qu'il va venir uniquement pour récupérer quelques voix d'ouvriers". Mais il prévient: Ici, la plupart des ouvriers ont voté Marine (Le Pen)". Pas sûr qu'une visite d'Emmanuel Macron change la donne.

P. Gril avec Thomas Chupin