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En perte de vitesse, Hidalgo propose de baisser les taxes sur le carburant

Une mesure étonnante de la part de celle qui à une image d'opposante farouche à la voiture.

A contre-sens. La candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo prône, dans un entretien à Libération, une baisse de la taxe sur les carburants, disant vouloir insister sur une écologie "sociale".

"C'est sans doute une différence avec les Verts, j'estime qu'on ne peut pas continuer à demander aux plus fragiles, aux plus modestes ou aux classes moyennes de payer le prix fort de la transition écologique", explique la maire de Paris en assurant que "la transition écologique ne se fera pas contre ceux qui, aujourd'hui, ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois, parce que les loyers, l'énergie et les carburants augmentent mais pas leurs salaires".

Comment y parvenir? "En baissant les taxes sur le prix des carburants", répond Mme Hidalgo. "Certains vont m'expliquer que ce n'est pas écologique. Au contraire: on a besoin de raccrocher les catégories populaires à cette transition. Onze millions de personnes ont besoin de leur voiture tous les jours pour aller travailler. Il faut les accompagner pour tourner la page des véhicules thermiques à partir de 2030".

Interrogée sur son image de candidate hostile à la voiture, Anne Hidalgo souligne que "là où il n'y a pas de solution, on ne peut pas dire aux gens de ne pas prendre leur voiture". 

"Il faut aider nos concitoyens, s'ils le peuvent, à aller vers les transports en commun. Cela signifie avoir un plan pour le ferroviaire et rouvrir des petites lignes. Cela veut dire investir avec les régions et les départements dans des équipements propres. Cela veut dire enfin accompagner massivement les Français dans l'achat de véhicules non polluants".

Il faut dire qu'Anne Hidalgo tente de redynamyser sa campagne et sans doute de gagner des points dans les sondages... A moins de 6 % la candidate socialiste veut semble-t-il se réconcilier avec les automobilistes. Une proposition aussi destinée à relancer une campagne laborieuse, à rassurer son camp. Et la candidate PS va accélérer: prochain grand rdv avec une convention organisée à Lille, qui doit la désigner officiellement le 23 octobre.

Et qu'importe si certains la critiquent: "La politique, ce n'est pas s'afficher sur un ring et débattre avec Zemmour" lance la maire de Paris. Jean-Luc Mélenchon appréciera.

La rédaction de RMC avec AFP