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Face à l'explosion des prix de l'énergie, l'usine Duralex ferme pour cinq mois

La célèbre verrerie Duralex de La Chapelle-Saint-Mesmin ferme ses fours ce mardi, pour au moins cinq mois. Un crève-cœur pour les salariés qui, pour certains, sont là depuis 40 ans.

L’usine Duralex a mis son four en veille pour cinq mois. La célèbre verrerie a vu ces derniers temps sa facture énergétique quadrupler. Elle est passée de 3 à 12 millions selon l'entreprise, et pèse aujourd'hui près de la moitié du chiffre d’affaires. Plus de production à partir de ce mardi donc. Et ce sont près de 250 salariés au chômage partiel.

“Forcément ça fait quelque chose! C'est notre bébé, c'est le troisième qu'on construit, celui-là, depuis que je suis là. Donc on en prend soin”, indique Didier, ouvrier chez Duralex.

Le chômage partiel n'est pas l’inquiétude première, car les salaires sont maintenus à 95%. “On est juste inquiets sur l'outil de travail qui n’a jamais été mis en veille. Cinq mois, c'est assez long. Alors est-ce qu'il va résister ? On ne sait pas”, confie Jean-Marc. “Tout à l'heure, on a fait un démarrage, on se disait ‘j'espère que ce n'est pas le dernier’”, ajoute Albino.

Un coup d'arrêt

Cela fait presque 40 ans qu'Albino travaille ici. Une vie chez Duralex, mise sur pause. “Je reviens le 28 novembre. J’arrive à la fin de ma carrière, mais j'espère que cette usine restera encore très longtemps parce qu'on a travaillé, on a laissé plein de choses, plein de souvenirs”, explique-t-il.

Et une légère appréhension, alors que l’activité de l’entreprise repartait, avec 40% de progression prévu en 2022.

“On est coupés dans notre élan. On avait pas mal de perspectives en vue avec un carnet de commandes très plein. Le nouvel actionnaire devait aménager de nouvelles machines. On s'est dit 'il va nous ramener très haut' et là, c'est la chute libre”, regrette Suliman, délégué CFDT chez Duralex.

Le syndicaliste craint des départs et une perte de savoir-faire.

Marion Gauthier avec Guillaume Descours