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Fermetures de 13 magasins Tati et 189 postes supprimés: comment en est-on arrivé là?

La quasi-totalité des magasins Tati va disparaître et 189 postes d'employés seront donc supprimés. Les dirigeants successifs n'ont pas su s'adapter à l'évolution du goût des consommateurs.

Ils sont convaincus d'avoir été menés en bateau depuis le début. Les représentants des salariés Tati ont rendez-vous ce lundi au ministère du Travail. Ils ont l'intention de demander des explications, après l'annonce de leur repreneur de fermer la quasi-totalité des magasins, 189 suppressions de postes à la clé. 

En 2017, le groupe en perdition était repris par Gifi, avec l'appui du gouvernement. Mais deux ans plus tard, l'enseigne au vichy rose n'a jamais réussi à redécoller. Il y a 3 semaines, le PDG de Gifi, Philippe Ginest, a annoncé 189 suppressions de postes, la fermeture de 13 magasins Tati et la transformation de 49 autres en Gifi.

Les 20 magasins restants seront repris par des managers du groupe et deviendront des magasins de déstockage. Seul le magasin emblématique de Barbès, à Paris, subsistera sous le nom de Tati.

Frappés par la concurrence étrangère (H&M, Primark, Zara...)

Une descente aux enfers pour la firme. Ses dirigeants successifs n'ont pas su s'adapter à l'évolution du goût des consommateurs, et se sont fait taillés en pièces par la concurrence étrangère. Le suédois H&M, l'espagnol Zara et aujourd'hui l'Irlandais Primark... Tous bénéficient d'une image moins ringarde et pratiquent des prix encore plus bas.

La démocratisation des ventes sur Internet est ensuite venu porter un coup fatal à la marque rose. Sans que son développement réussi au Maghreb et au Moyen-Orient ne parvienne à limiter la casse.

Résultat, après avoir changé trois fois de propriétaire en 15 ans, Tati continue d'accumuler les pertes: 28 millions d'euros l'année dernière. Tous ses magasins vont donc disparaître sauf un seul, le vaisseau amiral, celui de Barbès à Paris. Dans les années 80, l'âge d'or de la marque, il se disait qu'il était plus visité que la tour Eiffel ou le Louvre.

Victor Joanin (avec James Abbott)