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Guerre en Ukraine: la bière bientôt touchée par la hausse des prix?

Aucun secteur n'échappe à l'inflation. Les brasseurs alertent sur la hausse des coûts de production qui menacent la filière. Si le prix du malte et de l'orge a augmenté c'est aussi le cas pour le verre ou l'acier.

Les brasseurs français lancent un cri d’alerte. Face à la hausse des coûts de production, la filière de la bière pourrait être menacée. Dans un communiqué, le syndicat "Brasseurs de France" qui représente plus de 98% de la production française, affirme que les professionnels ne pourront pas supporter seuls et sans conséquences économiques ces augmentations dues en grande partie à la guerre en Ukraine.

Et la conséquence directe, c’est que le prix des bières pourrait augmenter. Au milieu de ses cuves de brassage, Arnaud Rostin, fondateur d'une bière artisanale dans Val-de-Marne, détaille les récentes augmentations.

“La bouteille en verre, elle a pris 37% depuis que j’ai commencé. Avant, j’achetais mes capsules 75 euros, là, elles sont passées à 109 euros”, indique-t-il.

Le coût du malt, indispensable au brassage de la bière, a lui aussi augmenté à cause de la guerre en Ukraine. Alors ce brasseur va devoir augmenter ses prix dans les semaines qui viennent. “Moi, je vends 2,50 euros et je suis en train de recalculer combien je vais devoir les vendre et je pense que je vais devoir les vendre au moins 2,80 euros si ce n’est pas 3 euros pour pouvoir récupérer la marge que je perds”, assure-t-il.

Une répercussion sur les prix?

Mais les brasseries qui ont des contrats avec des distributeurs ne peuvent pas augmenter leurs tarifs comme ils le veulent. Et cela inquiète Jean-Barthélémy Chancel, à la tête de la brasserie La Parisienne.

“On a fait le choix pour l’instant de ne pas répercuter la hausse des prix sur nos clients dans l’espoir que ce soit passager. Aujourd’hui, il a des clients qu’on ne peut plus servir. C’est-à-dire qu’on démarche de nouveaux clients et deux mois après, on leur dit qu’on ne peut plus les servir parce que c’est la guerre en Ukraine”, regrette-t-il.

Les brasseurs veulent notamment faire pression sur la grande distribution pour qu'elle autorise plus facilement des hausses de prix.

En Allemagne, ça a déjà augmenté

En Allemagne la hausse des prix sur la bière se fait déjà ressentir par le consommateur. La brasserie Veltins par exemple a augmenté d'un euro la caisse de 24 bières en raison d'une "explosion des coûts au cours des 15 derniers mois". C'est la première hausse chez Veltins depuis trois ans. De nombreux brasseurs, dont Radeberger, Krombacher et Bitburger, ont aussi été contraints de répercuter la hausse des coûts sur leurs prix de vente. Cette augmentation d'un produit phare du panier des ménages allemands est hautement symbolique dans un pays où l'inflation s'impose en tête des préoccupations du moment.

(AFP)

Nicolas Ropert avec Guillaume Descours