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L'argent liquide va-t-il disparaître?

Les Français sont les Européens les moins friands des paiements en espèces qui représentent 50% des paiements. Alors est-ce bientôt la fin des espèces sonnantes et trébuchantes?

On peut aujourd'hui payer à peu près tout par carte, via sans contact ou non, y compris les transports en commun. A Dijon, à Chartres, les habitants y sont déjà habitués. Plus de file interminable aux guichets pour prendre un ticket, ils peuvent payer directement par carte, sans contact ou si elle est enregistrée sur leur smartphone. Le principe: vous posez votre carte sur une borne, et elle agit comme un pass de transport. Vous êtes débité de votre trajet automatiquement.

A Dijon, la méthode a déjà séduit 80.000 utilisateurs en moins d'un an. Ça marche si bien qu'une dizaine de villes françaises doivent se lancer d'ici la fin de l'année.

52 paiements sans contact par seconde

Le paiement par carte est largement répandu pour les achats quotidiens, c'est une évidence pour 92% des Français. Même l'Eglise s'y met, vous pouvez participer à la quête en sans contact dans la paroisse Saint François de Molitor à Paris par exemple.

Il faut dire qu'en France, nous sommes un peu les champions des paiements par carte. Plus de 11 milliards de transactions l'an dernier, 52 paiements en sans contact par seconde.

Est-ce qu'on va vers la fin des espèces? On l'imagine. Nous sommes le pays d'Europe le moins friand d'argent liquide. Seule la moitié des paiements se font en espèces, contre 75% en Allemagne. Dans nos poches, nous avons en moyenne 32 euros en pièces et billets. Mais nous y sommes attachés: trois quarts des Français ne veulent pas que les espèces disparaissent.

Un rapport préconise l'arrêt de la production des pièces de 1 et 2 centimes

Sauf qu'un rapport commandé par Matignon dit le contraire. Il préconise d'aller vers une société sans espèces. D'abord en arrêtant la production des pièces de 1 et 2 centimes. Et d'ici deux ans, les espèces, chèques et timbres pourraient être interdits pour les paiements fiscaux.

Une bonne chose pour lutter contre la fraude, puisque le cash est difficilement traçable, et ça profite donc au travail au noir, aux fraudes fiscales, aux trafics. Par contre, ça ne plaît pas vraiment aux commerçants. Les paiements par carte sont moins contraignants, mais pour chaque paiement, ils doivent payer une commission. Et plus le montant est petit, plus la commission est importante. Jusqu'à 0,8% du total d'après la Confédération des commerçants indépendants, qui demande aujourd'hui la suppression de cette commission à moins de 30 euros d'achat par carte.

Et puis pour votre porte-monnaie, la disparition des espèces serait aussi problématique. On est beaucoup moins conscient de ce que l'on dépense virtuellement qu'avec de l'argent liquide.

Anaïs Bouitcha