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L’automobile encore au ralenti: "Le seul secteur industriel qui n’a pas redémarré depuis le Covid"

Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, Luc Chatel, président de la plateforme automobile, a souligné les difficultés de production et de vente encore éprouvées par le secteur.

Le secteur automobile tourne toujours au ralenti

"On a un niveau d’activité, dans la filière automobile, qui est autour de 70%. C’est difficile à mesurer parce que c’est très fluctuant. Nous avons des décisions de fabrication qui se prennent au tout dernier moment par les constructeurs, en fonction de la chaine d’approvisionnement des composants électroniques. On peut savoir au dernier moment si on va être livré pour les composants. C’est un vrai problème parce que derrière, il y a toute une chaine de production. Il y a surtout les équipementiers, qui doivent livrer les constructeurs et qui peut-être au dernier moment, savent que l’usine ne produira les véhicules. Ça entraine de vraies tensions au sein de la filière, qui sont complexes à gérer."

La voiture électrique trop chère, les délais trop longs

Aujourd’hui, 95% des Français nous disent, dans une enquête réalisée avec Nova Consulting, que les véhicules électriques sont trop chers. 59% nous disent que les aides globales pour passer à l’électrique sont insuffisantes. Il est clair que ça a un impact sur le niveau des ventes. Pourquoi le marché ne repart pas ? Pourquoi on est à -36% par rapport à avant le Covid ? C’est le seul secteur industriel qui n’a pas redémarré depuis le Covid. C’est parce qu’il y a ces ruptures d’approvisionnement. Quand vous annonce neuf, dix mois ou un an de délai, ça refroidit les ardeurs. Mais il y a aussi le fait que les prix ont augmenté, à cause des hausses des matières premières. Dans les concessions, il y a des véhicules disponibles. Simplement, il faut être moins exigeant sur le produit précis que vous souhaitez, les options, le type de modèle… Si vous êtes un peu moins exigeant, vous avez des véhicules disponibles et de l’occasion."

L’impact sur l’emploi

"Avant la crise du Covid, la transformation énergétique, le passage du moteur thermique au moteur électrique, allait mécaniquement entrainer la suppression d’environ 65.000 emplois dans la filière automobile, qui en compte 400.000. C’était avant le Covid et les tensions d’approvisionnement aujourd’hui, qui font que les ventes s’effondrent. Nous avons perdu environ 15.000 emplois depuis un an, un an et demi. Nous n’avons pas refait de simulation sur ce que ça va donner dans les quatre à cinq ans. Mais il est clair que plus la crise dure, plus on a du mal à redémarrer, plus ça aura un impact sur l’emploi."

LP