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La France va-t-elle privatiser 150 barrages hydroélectriques?

En parallèle des Aéroports de Paris (ADP), cet autre projet de concession est examiné à l’Assemblée. Une centaine de députés s’y opposent.

Les barrages hydroélectriques vont-ils connaitre le même destin de privatisation qu'ADP? 

En fait, il n'y a pas comparaison à avoir. Pour ces barrages, il s’agit d’ouvrir à la concurrence. Historiquement, les 400 barrages français sont gérés par EDF. La plupart des concessions arrivent à échéance en 2023.

Un appel d'offre avec un droit de préférence au concessionnaire sortant

En France, la loi prévoit déjà l’obligation d’un recours à l’appel d’offres pour renouveler les concessions, mais elle prévoit aussi un droit de préférence au concessionnaire sortant. Voilà pourquoi c’est EDF qui remporte la mise à chaque fois. Ce qui permet aussi à l’Etat de garder la mainmise sur ce secteur stratégique.

La commission européenne s'y oppose 

Mais la commission européenne y voit une rupture d’égalité de traitement. D’autant plus qu’EDF n’est plus un établissement public depuis 2004 et doit être, selon la Commission, traité de la même façon que les autres.

En novembre, la Commission a donc de nouveau pressé la France de revoir les conditions d’attributions de ces marchés. C’est cette résolution que l’Assemblée nationale étudie. La centaine de député qui s’oppose à l’ouverture à la concurrence, parmi lesquels l’ancienne ministre Delphine Batho, dénonce une erreur stratégique. Perdre la main sur la première source d’électricité renouvelable de France risquerait, selon eux, de faire monter les prix et d’augmenter la facture des consommateurs.

Matthieu Rouault avec Julien Vattaire