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Alliance des oppositions contre la privatisation d'ADP: "Une configuration politique inédite"

Initiative inédite et alliage rare de parlementaires, contre la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP): l'opposition a enclenché mardi un "référendum d'initiative partagée" (RIP) pour tenter d'empêcher le gouvernement de vendre "la poule aux oeufs d'or" avec sa loi Pacte.

Les Républicains, La France insoumise, PS, communistes, des parlementaires de tout bord font front contre la privatisation d'Aéroports de Paris voulu par le gouvernement. Ces différentes oppositions ont donc enclenché mardi un "référendum d'initiative partagée" (RIP) pour tenter d'empêcher le gouvernement de vendre "la poule aux oeufs d'or" avec sa loi Pacte.

Un alliage rare imposé par la gravité de la situation, explique le député PS des Landes Boris Vallaud, invité chez les GG ce mercredi: "La configuration politique est inédite et il n'est pas certain qu'elle se reproduise jamais, mais ça dit quelque chose du sérieux de la question et de la situation. Nous avons, en dépit de nos désaccords parfois profonds et irréconciliables, combattu dans l'hémicycle la privatisation d'ADP".

"Une idiotie sur le plan économique"

Les parlementaires estiment que cette privatisation est "une imbécilité" et une "erreur stratégique majeure": "On considère que c'est une idiotie sur le plan économique et financier parce que c'est une entreprise qui rapporte beaucoup à l'Etat et donc aux Français: c'est une action dont le cours a augmenté de 160% depuis 5 ans, c'est plus de 100 millions d'euros de dividendes par an. C'est une entreprise stratégique. Quand le gouvernement prétend qu'il privatise un grand supermarché, c'est évidemment faux", a argumenté Boris Vallaud.

Bruno Le Maire a lui défendu son projet de concession durant 70 ans comme la meilleure façon de garantir le développement de ce "fleuron".

Alors que 185 signatures sont requises pour un "RIP", procédure jusqu'ici inédite depuis son introduction dans la Constitution en 2008, les parlementaires ont déposé une proposition de loi référendaire avec 218 signataires, issus de 11 groupes dans les deux chambres.

Encore beaucoup d'obstacles avant validation

Le Conseil constitutionnel doit ensuite vérifier la conformité de la proposition aux règles d'organisation d'un référendum. Mais si les "Sages" donnent leur feu vert, le parcours d'obstacles ne sera pas terminé. Il faut la signature, par voie électronique, d'au moins 10% du corps électoral, soit 4,5 millions de personnes. Le recueil des soutiens citoyens est ouvert durant neuf mois.

Le Conseil constitutionnel intervient une nouvelle fois pour valider ces soutiens. Et enfin, si la proposition de loi n'a pas été examinée au moins une fois par chacune des deux assemblées parlementaires dans un délai de six mois -dernière restriction-, le président de la République la soumet au référendum. En cas de résultat positif, le président promulgue la loi dans les quinze jours.

Paulina Benavente