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Les fournisseurs d'énergie accusés de profiter de la crise auprès des PME

Image d'illustration - le logo et le nom de TotalEnergies

Image d'illustration - le logo et le nom de TotalEnergies - ASTRID VELLGUTH / AFP

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, reçoit ce mercredi matin les fournisseurs d'énergies. Il veut notamment mettre en place une charte pour obliger les énergéticiens à proposer des tarifs raisonnables pour les petites entreprises.

Les énergéticiens sont réunis à Bercy ce mercredi matin. Ils sont accusés par le ministre de l'Économie de ne "pas suffisamment jouer le jeu" en gonflant les prix proposés aux PME.

Bruno Le Maire va proposer aux fournisseurs d'énergie comme Engie, EDF et TotalEnergies, une "charte" par laquelle ils s'engageront à "fournir à toutes les PME françaises des tarifs d'électricité et d'énergie raisonnables, dans des délais raisonnables, avec des conditions raisonnables" et notamment "la possibilité de révision". Le ministre a également insisté sur "la possibilité pour l'entreprise d'examiner le contrat" sans avoir "le couteau sous la gorge".

Ce coup de pression du gouvernement est salué par les chefs d'entreprises, mais attention, prévient le consultant en énergie Nicolas Leclerc, Bercy ne pourra pas les obliger à revenir à des offres d'avant-crise.

“Un fournisseur d’énergie, dans l’absolu, s’il gagne 5% de marge brut, c’est déjà pas mal. Donc il n’y a pas d’argent magique à aller chercher de ce côté-là”, assure-t-il.

Des délais de réflexion trop courts?

Les fournisseurs d'énergie sont devenus des boucs émissaires dans un marché de l'énergie déséquilibré, souligne Julien Teddé, directeur général d'un courtier en énergie. “La demande en énergie, de gaz et d’électricité, est trop forte par rapport à notre production d’électricité. Donc aller reprocher aux fournisseurs de gaz et d’électricité de faire des mauvaises offres en ce moment, il me semble que c’est un peu comme si on a de la fièvre et qu’on gronde le thermomètre”, appuie-t-il.

Mais les experts comme Xavier Pinon estiment que les fournisseurs peuvent faire l'effort de laisser plus de temps de réflexion aux entreprises.

“Il y a peut-être un an, le délai pour signer un devis pouvait être de 10 jours par exemple. Et là vous êtes obligés de demander aux clients de s’engager dans les 24 heures donc vous n’avez pas le temps de comparer”, pointe-t-il.

Les fournisseurs proposent ces devis à durée de vie très limitée à cause des prix qui font le yo-yo, mais ils peuvent donner l'impression aux entreprises de devoir signer le couteau sous la gorge.

Victor Joanin avec Guillaume Descours