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Col roulé, doudoune, étendoir à linge: le gouvernement rivalise d'idées pour économiser l'énergie

Si, au gouvernement, on multiplie les petits signes appelant à la sobriété énergétique, les ministres sont divisés quant à la posture à adopter. Certains l'assurent, ce n'est pas une campagne de communication, tandis que d'autres en annoncent pourtant une à venir.

Après le col roulé de Bruno Le Maire et la doudoune d'Elisabeth Borne, voilà l'étendoir à linge de Gilles Le Gendre. Le député Renaissance a assuré mercredi sur France Info avoir troqué son sèche-linge, trop gourmand en énergie, pour un simple étendoir à linge. "Chez moi, ma femme et moi, on a décrété: 'on ne se sert plus du sèche-linge'. Honnêtement, ce n'est pas très compliqué à faire", a confié l'élu, qui semble ainsi vouloir inciter à la sobriété énergétique pour éviter la coupure d'électricité cet hiver.

Le gouvernement a bien changé. Si en 2018 le même Gilles Le Gendre estimait que les membres de la majorité avaient été "trop intelligents, trop subtils et trop techniques" pour les Français, l'exécutif semble miser cette fois sur la simplicité face à la crise énergétique qui se profile.

Reste à se mettre d'accord. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, assure qu'il n'y aucune volonté du gouvernement de dicter aux Français la conduite à avoir. "Le système médiatique s'emballe sur une simple remarque. Il n'y a aucun message, je n'ai rien recommandé à personne", assure-t-il ce jeudi à Brut.

"Il n'y aura pas de police du col roulé"

Même son de cloche pour Marlène Schiappa ce jeudi sur le plateau d'"Estelle Midi". "Il y a des choses qui peuvent énerver les gens, notamment quand les membres du gouvernement leur disent quoi faire dans leur vie quotidienne", rappelle la secrétaire d'Etat, chargée de l'Économie sociale et solidaire et de la Vie associative, sur RMC et RMC Story. Et pas question de charger qui que ce soit. "Ce n'est pas ce qu'a fait Bruno Le Maire, qui donnait juste l'exemple. Et moi, je ne vais pas dire aux Français ce qu'il faut faire dans leur vie quotidienne".

Pourtant, la veille, sur le plateau des "Grandes Gueules", leur collègue du ministère de l'Action et des Comptes publics Gabriel Attal assurait qu'une campagne de communication allait être lancée. "Si on fait chacun des petits gestes, cela a un impact très fort mais en même temps, il ne faut pas infantiliser. Il va y avoir une campagne de communication qui va être portée, mais il n'y aura pas de police du col roulé", promettait l'ancien porte-parole du gouvernement.

L'inflation et la guerre en Ukraine font craindre une crise énergétique d'ampleur. La facture risque d'exploser et le gouvernement craint même la panne d'électricité en cas de surconsommation, alors que le parc nucléaire français tourne au ralenti.

G.D.