RMC

Les incidents climatiques avancent les moissons et font augmenter le prix des céréales

Selon la FNSEA, les céréales pourraient être touchés par une baisse de rendement entre 10 et 30% cette année, à cause des différents aléas climatiques qui ont frappé les récoltes.

Il y a un risque d'avoir des pertes de rendement de 10 à 30% lors des moissons des principales céréales, selon les estimations de la FNSEA. Les champs n’ont pas été épargnés par les accidents climatiques. D’abord avec le gel début avril, puis la grêle, puis la canicule qui a accéléré de 10 à 15 jours le mûrissement de céréales qui manquaient déjà d’eau. Selon le dernier rapport hebdomadaire Céré'Obs de FranceAgriMer, le blé présentait déjà 11 jours d'avance par rapport à l'an dernier, et 3 jours sur la moyenne des 5 dernières années.

Résultat, les moissons vont devoir se faire entre 3 et 5 semaines plus tôt que les autres années, avec au final des rendements plus faibles. Et la conséquence directe, c’est que le blé va coûter plus cher.

Une meilleure récolte en 2023?

Comment les agriculteurs établissent-ils leurs prix? D’abord, les coûts de revient. L’inflation observée depuis l’été 2021 devrait porter les dépenses engagées de 1.300 €/ha à près de 1.500 €/ha. Il convient de déduire le montant des aides PAC, soit en moyenne 200 €/ha. Ainsi, le chiffre d’affaires minimum à atteindre s’établit à 1.300 €/ha pour couvrir l’ensemble de dépenses et la rémunération du travail de l’agriculteur.

Avant la sécheresse, les prix d’équilibre pour le blé tournaient autour de 185 euros la tonne, selon les calculs de “Piloter sa ferme”. Avec un rendement 30% inférieur, le prix d’équilibre serait plutôt de 260 €/t.

Une bonne nouvelle cependant, la FAO prévoit une récolte mondiale de blé plus importante pour la campagne de 2022-2023 que pour celle de 2021-2022, notamment grâce à de bonnes récoltes en Amérique du Nord.

Emmanuel Lechypre