RMC

Macron? Il ne dit pas autre chose que les autres, sauf qu'il est plus jeune

Frédéric Farah, coauteur de "Introduction inquiète à la Macron-économie", était l'invité de Bureau de vote sur RMC ce mardi. L'économiste a voulu dégonfler "la bulle Macron", estimant que, selon lui, l'ancien ministre de l'Économie ne fait que reprendre de vieilles idées.

On ne parle que de lui. Que ce soit lors des débats de la primaire de la gauche, ou dans les médias, voire dans le cœur des Français, Emmanuel Macron est sur toutes les lèvres. Si l'ancien ministre de l'Économie fait salle comble à chaque meeting et attire toujours plus de soutiens (et d'électeurs?), il inquiète Frédéric Farah, économiste chargé de cours à l'université Paris III, et co-auteur de Introduction inquiète à la Macron-économie (éd. Les petits matins). "Oui, il m'inquiète par son discours, explique-t-il ce mardi dans Bureau de vote. Il est en train de nous proposer des recettes du passé qui n'ont pas forcement donné des résultats exceptionnels, et il m'inquiète parce que derrière son discours du volontarisme, il y a quelque chose qui relève de la soumission à l'ordre du temps".

"Il nous explique qu'il y a une transformation liée à la globalisation et au numérique et qu'il va falloir s'y adapter. Donc si on comprend bien, dans ces transformations, la France n'a pas de rôle à jouer et doit être spectatrice".

"On ne sait pas où on va mais ça a l'air bien"

Voilà pour le discours. Quant au fond, Frédéric Farah estime qu'Emmanuel Macron, s'il peut apparaître neuf par sa jeunesse et son faible passé politique, n'a rien de moderne ou de révolutionnaire. "Effectivement, il y a un vide politique, donc c'est simple pour Macron d'arriver dans le paysage. Mais il ne dit pas autre chose que les autres, sauf qu'il est plus jeune. Mais il porte des idées assez anciennes".

"C'est le kaléidoscope de ce qu'on a déjà vu. Son discours sur la modernisation, sur le fait qu'il faille réconcilier les Français avec l'entreprise, c'est Laurent Fabius 1984 ; l'idée de la troisième voie, c'est Tony Blair ; le ni droite - ni gauche, c'est Giscard pendant la campagne présidentielle de 1974".

"L'idée typique chez Macron, c'est de bouger, ce qu'on appelait dans les années 90 le bougisme: bouger pour bouger, on est en marche. On ne sait pas où on va mais ça a l'air bien. Mais il peut faire comme le capitaine du Titanic, face à l'iceberg il accélère", ajoute Frédéric Farah.

P. Gril avec JJ. Bourdin