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Marché atone, taux d'emprunts en hausse: vaut-il mieux acheter ou louer sa résidence principale?

Alors que les taux d'emprunts augmentent après avoir atteint des records historiquement bas et que la taxe foncière explose un peu partout en France, de nombreux Français se demandent s'il vaut mieux acheter ou louer sa résidence principale.

Le marché de l'immobilier ne sait plus sur quel pied danser. Vendeurs et acheteurs font face à un dilemme, alors que les taux de crédit grimpent mais que les prix de l'immobilier baissent peu, notamment dans les grandes villes, dans un contexte de forte inflation et de crise énergétique.

Certains hésitent. En ces temps, vaut-il mieux acheter ou louer sa résidence alors que les agents immobiliers et les courtiers évoquent une période d'attentisme? Tout dépend d'abord du lieu où l'on veut acheter selon une enquête de Meilleurtaux.com, un site de comparaison des taux de prêts immobiliers. À Toulouse par exemple, il faut 24 ans pour rentabiliser un achat immobilier contre 28 à Paris où les logements sont plus chers. Et les taux vont continuer d'augmenter.

Des taux toujours très bas malgré leur nette augmentation

Malgré cette situation, Maël Bernier, porte-parole de Meilleurstaux.com, rappelle la nécessité d'acheter pour ceux qui en ont les moyens. "Quand vous allez vous retrouver à la retraite, vous aurez un toit sur la tête même si vous avez 65 ans à la fin du prêt. Or, si vous êtes locataire et qu'à 65 ans votre propriétaire décide de vendre son bien, vous pouvez vous retrouver presque sans appartement du jour au lendemain", explique-t-elle sur le plateau des "Grandes Gueules".

Et si les taux immobiliers sont passés de 1% à 2,5% en un an, ils restent très bas, rappelle Maël Bernier. Pour faire des bonnes affaires, elle conseille de se concentrer sur les villes moyennes: "Dans les très grandes villes, l'achat est réservé depuis longtemps à une certaine catégorie, les immensément riches", rappelle-t-elle sur RMC et RMC Story.

"Dans les villes moyennes de France, la question de l'achat ou de la location se pose. Au final, on va payer plus cher sur toute une vie en achetant, mais on sera propriétaire à la fin", conseille Maël Bernier.

Et l'intérêt est là. Dans ces villes, l'écart mensuel entre un bien acheté et un bien loué est de 100 à 200 euros.

Les banques moins frileuses début 2023?

Guillaume, agent immobilier dans les Hauts-de-Seine et dans l'Essonne, rappelle aux "Grandes Gueules" que la question se posait déjà en 2001: "Cela dépend du projet de vie. Quelqu'un qui sait habiter un endroit sur du court terme aura une meilleure mobilité en tant que locataire et en plus des règles très protectrices vis-à-vis du locataire", explique-t-il.

"Ce que les gens ont du mal à comprendre, c'est que les taux à 1% il y a un an, ce n'était pas normal. Aujourd'hui, des jeunes qui, ces dernières années, achetaient des trois pièces sans vouloir avoir d'enfant disaient ne pas acheter un appartement 'mais un crédit'. Mais un couple sur deux se sépare et ces jeunes se retrouvent obligés de revendre sans avoir utilisé leurs trois pièces et un peu à perte", détaille Guillaume.

Quant à l'avenir, l'agent immobilier estime que l'on va plus "vers une tempête" qu'une crise: "D'ici deux trois mois dans les endroits attractifs, on sera fixé sur l'évolution des taux et des prix. Si on achète au bon prix, il n'y aucune raison que l'on ne récupère pas les fruits de notre acquisition à la retraite".

Il conseille de faire très attention au prix des 3 pièces, ce qui se construit le plus en France, dans les trois ou quatre mois à venir. "Par contre, en début d'année 2023, les banques auront de nouveaux objectifs à remplir et elles accueilleront peut-être un peu plus les nouveaux clients", anticipe-t-il, évoquant des difficultés accrues pour les primos-accédants et balayant le mythe du rentier avec des investissements immobiliers, notamment en raison de la hausse de la taxe foncière.

G.D.